Olivier Leborgne: « Comment ça, je ne suis pas sur Wikipédia? »

Il tourne Panique au palais 2, fait de la radio, de la pub, monte sur scène avec son pénis, réalise, débarque sur le web… Coup de bol: on a réussi à le coincer.

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Comment se passe le tournage? Vous avez le droit de nous en dire quelques mots?
Olivier Leborgne – Ça se passe très bien, même si on bosse à un rythme soutenu et qu'on n'a pas beaucoup de repos. On a une bonne santé, on tient le coup! Et je peux vous donner le pitch: "Sous la pression de Bart De Wever, Elio Di Rupo doit annoncer au roi qu'on supprime la dotation. Triste Noël pour toute la famille royale obligée de se mettre en quête de nouveaux revenus… coachée par Monseigneur Léonard!"

Vous aviez vu la première émission?
Oui, oui… J'avais trouvé ça audacieux et sympa. Mais comme je l'avais dit à André, je déplorais qu'il y ait parfois quelques vannes trop téléphonées. Mais je comprends: c'est très dur d'écrire une grosse émission télé basée sur une bonne histoire et de faire rire avec des choses nouvelles.

Vous vous amusez autant qu'à la radio, tous les deux?
Bien sûr! On se connaissait à peine avant de travailler sur Votez pour moi! Et aujourd'hui, on se voit tous les matins. On n'est pas seulement devenus complices, on est devenus amis. Ça aide pour le travail: on se dit tout, même quand ça ne va pas. Et notre leitmotiv est commun: travailler sérieusement, mais travailler sans se prendre au sérieux.

Quand vous êtes arrivé à la radio en septembre 2010, il n'y avait pas de gouvernement. Et il n'y en a toujours pas…
Tout à fait. Je suis en train de vivre et de profiter d'un moment historique. Mais c'est cohérent, car on est vraiment au pays de Magritte, qui aurait pu peindre une toile Ceci n'est pas tout à fait un pays. (Rire.)

La web-série Question royale vient d'arriver sur le site de RTL… C'est quoi l'idée?
Ce qui est chouette, c'est qu'il s'agit de notre premier vrai bébé, à André et à moi. Le concept? On garde le roi, mais on enlève la politique; histoire de rester dans un truc plus intemporel. André joue notre souverain, confronté à des tonnes de concepts qui le dépassent: des objets modernes, des chanteurs d'aujourd'hui, des modes, etc. Chaque capsule dure 2 minutes, et on la tourne en une fois, en plan-séquence. Un vrai bonheur, et ça me permet de partir parfois en improvisation, qui a été ma discipline pendant près de 15 ans…

La royauté est une obsession, avec André Lamy…
Disons que le roi est un personnage emblématique. On en a fait le Belge par excellence, avec sa sympathie et sa bonhomie. Son caractère aussi. C'est comme Chirac dans les Guignols: le citoyen un peu cliché. D'un point de vue humoristique, ça permet de voir large et d'aborder énormément de sujets.

À quand la présentation de Place royale?
Dès que Thomas de Bergeyck nous laisse la place, on fonce! On s'est inscrits sur la liste: on est juste derrière Thomas Van Hamme (rire).

Autre nouveauté: vous montez sur scène avec votre premier one man show: Conversations avec mon pénis.
Oui, c'est un truc qui a toujours été présent dans ma tête, mais j'ai longtemps cherché un bon sujet. À 45 ans, c'était le moment! Les textes d'Isabelle Kancel m'ont inspiré. C'est une sorte de Monologues du vagin, mais version masculine et très interactive avec le public. Le point de départ est simple: les hommes discutent régulièrement avec leur pénis. Et même si ça reste un tabou, il y a moyen d'en rire. Mais attention: sans vulgarité!

À côté de ça, vous continuez la pub… Vous avez combien de spots à votre compteur?
Difficile à dire… Je tourne entre 50 et 60 spots par an, et je fais ça depuis 10 bonnes années. Ça fait beaucoup. Mais d'autres comédiens en font encore plus…

Travailler, c'est une drogue? Votre père vous a dit un jour que votre maîtresse, c'était le boulot…
Oui, il m'a dit ça. Disons que j'ai longtemps été un boulimique du boulot. Maintenant, je me considère plus comme un gastronome. Je recherche un équilibre entre la scène, la réalisation, la télé, le cinéma et la radio. J'ai un peu moins d'énergie, donc je fais des régimes ici ou là. Cela dit, même si j'ai beaucoup bossé pour arriver où j'en suis, j'ai aussi beaucoup de chance de pouvoir faire autant de choses dans un si petit pays.

Et avec un tel C.V., vous n'avez même pas de page Wikipédia!
Comment? Il faut appeler Monsieur Wikipédia immédiatement! Je m'en occupe! Plus sérieusement, et honnêtement: entre le fait d'être sur Wikipédia et croiser quelqu'un en rue qui apprécie ce que je fais, je choisis évidemment le côté humain…

Vous avez remarqué: je ne vous ai pas parlé de Patrick Ridremont…
Non, tiens! Que devient-il (rire)? Cela dit, j'en parle volontiers et spontanément. On est liés depuis l'impro et depuis Canal +. On fait régulièrement des trucs ensemble. Et j'ai même tourné dans son film cet été (Dead Man Talking, dont la sortie est prévue courant 2012 – NDLR). Ça reste mon meilleur ami…

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