Nuits Botanique: Woodkid en apesanteur

Déjà présent à la Rotonde lors des Nuits Botanique en 2011, Yoann Lemoine, alias Woodkid, revenait cette fois avec le statut de star geek dans un Cirque Royal archi-complet.

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Entretemps, il y a eu le phénomène Iron (vingt millions de vues sur YouTube) et l'album "Golden Age" que le Français présentait dans son intégralité avec le Mons Orchestra. 

 

Album concept relatant le passage de l'innocence à celui de l'âge adulte, "The Golden Age" se caractérise par sa narration minutieuse et une architecture futuriste reposant à la fois sur un orchestre classique, des percussions, des claviers et des programmations électro.

 

Servi par un son en 3D, un light-show puissant offrant la part belle à la couleur blanche  -symbole ici de pureté -, la musique de Woodkid est  grandiloquente, majestueuse, cérébrale mais toujours accessible car elle reste construite sur des formats  pop.

Timide et presque banal dans ses interventions ("Ca va Bruxelles? Vous êtes toujours bien?"), Yoann se transforme en interprète céleste dès qu'il chante et va même jusqu'à tutoyer les anges sur les plages les plus douces  (Boat Song, Where I Live). 

 

Le mariage des claviers et des bidouillages de laptop de ses propres musiciens avec les cordes et les cuivres de Mons Orchestra fonctionne à merveille. Et on touche carrément  au sublime lorsque les deux batteurs/percussionnistes insufflent un rythme tribal aux compositions. C'est le cas sur le hit pour geeks Iron qui se termine presque comme une cavalcade pour  Gilles de Binche ou sur le névrosé The Great Escape qui n'est pas sans évoquer les meilleurs moments de The Arcade Fire.   Yoann Lemoine a aussi le mérite de ne pas réutiliser sur scène les mêmes images à l'esthétique épurée de ses vidéos qui font le bonheur de YouTube. 

 

A la place des chevaux et des guerriers de "Iron", on a droit à des travellings sur de villes futuristes, genre Blade Runner,  des plongées dans des cathédrales aux allées interminables ou des paysages enivrants de marée.

 

Ses détracteurs (car il y en a) reprocheront le côté calculé et conceptualisé d'un projet hyper-propre qui ne laisse aucune place à l'improvisation.   Mais Woodkid a une démarche sincère et personnelle. Pendant une heure trente, il a réussi à nous faire voyager en emmenant loin, très loin, notre imagination avec, au bout, le sentiment d'avoir partagé une expérience unique.

 

Photos: Hans Vangeel

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