Nuits Botanique – Valerie June : A star is born

 

La nouvelle égérie de la pop yankee a fait forte impression en warm-up du festival.  Révélation aussi avec l'étonnant Belge Benoît Lizen .

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Et c'est parti pour une vingtième édition des Nuits à rallonge.  Si le coup d'envoi officiel du festival sera donné ce vendredi 3 mai,  un warm-up se déroulait ce mardi 30 avril,  veille de fête du muguet. 

Et c'est fort logiquement dans des salles affichant "sold-out" que Balthazar (à l'Orangerie) et Valerie June (à la Rotonde) se sont produits.  

Comme nous avons déjà vu, revu et apprécié à maintes reprises Balthazar (avec BRNS, la meilleure formation belge en live du moment), notre choix s'est porté sur la nouvelle égérie de la pop yankee. Et nous ne l'avons pas regretté.

La trentaine à peine entamée, une expérience live déjà bien affirmée dans son Tennessee natal avec des centaines de concerts "sous les porches des maisons des voisins"  et trois disques en autoproduction, Valerie June venait présenter son premier album officiel "Pushin' Against a Stone" à paraître chez PiaS ce week-end.

Roquette rasta comme coiffure, sourire minaudier en guise de respiration, mini-jupe orange (un hommage au nouveau roi de Hollande Willem Alexander) sur Doc Martens vertes, la belle joue le blues, le gospel, la country et la folk avec ses tripes. Et si son approche musicale est authentique, son attitude reste toujours espiègle et détachée.

En alternant les formules et les guitares (banjo, acoustique, électrique), elle parvient à insuffler un dynamisme comme on en voit rarement sur scène avec des songwriters traditionnels. Valerie commence son set avec une choriste, introduit son impressionnante batteuse tatouée, enchaîne ensuite avec son full groupe composé de trois musiciens supplémentaires pour revenir à des effluves plus intimistes. Et les chansons suivent.

Workin' Woman Blues, Somebody To Love, Tennessee Time ou le vicieux You Can't Be Told. C'est le genre d'artiste dont on espère jalousement qu'elle ne grandisse pas de peur de la voir  perdre toute sa spontanéité qui a fait justement tout le charme de sa prestation. Mais  on sait qu'elle va devenir grande. Très grande. Pour faire court, imaginez un mélange de Dolly Parton, des Whites Stripes d'avant Seven Nation Army et d'Amy Winehouse pour l'âme soul. Valerie, we love you…

En première partie, Paul Henri Wauters, directeur de la programmation des Nuits Bota et grand défricheur, a lancé un invité de dernière minute qui nous a fait très forte impression. Benoît Lizen est Belge ("originaire de la Wallonie orientale" dixit sa bio), autodidacte et bourré de talent.

 Ce jeune garçon timide arrive sur scène et s'installe autour de ces cinq guitares. Il passe d'une lape steel à une six cordes sèches, empoigne un banjo, revient sur sa six cordes… C'est impressionnant d'émotion d'autant plus qu'il chante d'une voix d'ange et dans un langage imaginaire où on reconnaît ça et là quelques mots d'anglais.

En trois notes, il nous a emmené dans une vallée perdue dans le fin fond des Appalaches, mais une vallée du bonheur. Allez matez ça sur Facebook, ça vaut le coup…  Vivement un album. S'il était né en "Flandre orientale", nos confrères d'Humo et  de De Morgen auraient déjà écrit douze pages sur lui en le qualifiant de nouveau Bonnie Prince Billy.

Photo: Baart Vander Sanden

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