Nuits Botanique Dans le Grand Salon de Catherine Graindorge

Après avoir accompagné Bertrand Cantat à l'AB, la violoniste belge proposait une création au Grand Salon.

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Événement un peu à part sur la carte des festivals, les Nuits Botanique ne se contentent pas d’enfiler de simples concerts au menu de l’affiche. L’événement œuvre à la différence et entend bien se distinguer. Content de goûter aux joies de la première soirée des Nuits, on se réjouit aussi de découvrir la première création du festival. L’honneur revient à une dame, la Belge Catherine Graindroge qui présente "Long Distance Operators", un spectacle spécialement pensé et conçu pour l’occasion. La veille, la violoniste bruxelloise jouait dans une Ancienne Belgique pleine à craquer aux côtés du Détroit de Bertrand Cantat. Ce soir, elle investit le Grand Salon, petite salle aux contours majestueux. L’environnement pousse au recueillement. À l’entrée, le service d’ordre a réquisitionné notre bière. Le message est clair : pas question ici de beugler avec le verre en l’air. La gorge sèche et le doigt sur la bouche, on découvre Catherine Graindorge aux côtés du guitariste Hugo Race (The Birthday Party, Nick Cave & The Bad Seeds). Perché sur des chaises hautes, le public prête une oreille attentive dans un climat mystique, quasi religieux. Sur scène, les cordes grincent, sombrent dans la réflexion ou se déchaînent dans la sophistication. Habitées, raffinées, les plages instrumentales dessinées au violon emportent les cœurs dans les décors imaginaires d’un road-trip contemplatif. C’est beau. Calme, précieux et élégant. Autre salle, autre ambiance. Une bière à la main et des fourmilles dans les guiboles, on débarque dans une Orangerie transformée en boîte de nuit. Sur scène, le DJ et producteur anglais James Holden s’affaire derrière ses machines. Le garçon manipule les sons et triture son laptop en compagnie d’un véritable batteur : un métronome à la précision chirurgicale. Les deux mecs font la paire et célèbrent le mariage electro pour tous : pop, jazz, techno minimale, post-rock, house astrale. C’est la bamboula générale. Entre danse tribale et transe urbaine, la foule se déchaîne sous une puissante averse de beats. Après une heure pieds au plancher, James Holden abandonne un auditoire en pleine montée du vendredi soir. Cool mais court, ce concert propulse le festival sur une voie royale.   

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