Nuits Bota : Un départ haut en couleurs avec Sufjan Stevens

En programmant Sufjan Stevens, petit prince de la musique indé proposant un spectacle ambitieux, pour les trois coups de l'édition 2011 du festival, les programmateurs ont visé juste.

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Une salle du Cirque Royal pleine comme un oeuf en est la preuve. Impossible de raconter en détails ce que nous avons vu, c'est tout simplement souvent indescriptible, mais on peut toutefois tenter de le résumer en racontant les 25 minutes (!) d'"Impossible Soul", le morceau qui clôture son dernier album "The Age of Adz", sorte d'opéra-pop fort déjanté. "Odyssée pop", corrige-t-il lui-même en présentant le morceau lors d'un petit speech new-age, comme il le fait à plusieurs reprises durant le concert.

Sur scène, il y a trois batteries, une guitare, une basse, deux trompettes, un piano électrique, deux choristes/danseuses et Sufjan se partage entre le micro, la guitare et un synthé.

Tout le monde est déguisé de manière assez improbable et bariolé de couleur fluo, comme les instruments et les amplis. Le morceau commence donc par une sorte de space-pop doucereuse agrémentée de superbes projections qui s'étalent à la fois sur un écran à l'arrière de la scène et sur une espèce de voile translucide devant celle-ci. Scotchant.

La musique prend ensuite progressivement de l'ampleur pour muter en quelque chose de plus électronique. Le voile devant la scène se lève, une espèce de paravent en forme de diamant descend du plafond pour s'installer au milieu de la scène, Sufjan recouvre une sorte d'armure en aluminium pour continuer à chanter au vocoder. Il disparaît pour revenir quelques secondes plus tard avec des ailes de phénix dans le dos. C'est le temps de l'euphorie pop qui commence, accompagné de centaines de ballons tomber du plafond sur un public qui saute et exulte.

Le morceau semble toucher sa fin mais s'étire très longuement, en répétant en boucle le mantra "Boy, we can do much more together", et devient barbant.

Et puis, soudain, un moment de vraie grâce lorsque Sufjan finit en mode intimiste, légèrement accompagné par quelques musiciens et les deux choristes. Longue standing ovation durant laquelle le groupe quitte la scène qu'il occupe depuis presque deux heures. Après quelques minutes, Sufjan réapparaît, sans déguisement, et vient chanter seul derrière son piano électrique.

Un final qui confirme ce que nous avons ressenti tout au long du concert: c'est quand il s'aventure en terres intimistes que l'auteur/compositeur est le plus touchant. C'est aussi dans ces moments que l'on peut vraiment admirer sa superbe voix. Mais pour les apprécier, il faut passer par ces moments psychés et exubérants, parfois complètement hallucinants et enthousiasmants, parfois barbants lorsqu'on a l'impression d'assister à un spectacle d'une communauté d'hippies extraterrestres fluorescents. Un spectacle total, que l'on aurait été bien marri de rater, qui récolte d'ores et déjà l'award du concert le plus barré de ces Nuits.

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