Nuits Bota: la fabuleuse histoire de la famille Chedid

Dans un Cirque royal complet, Louis, Matthieu, Joseph et Anna Chedid ont offert plus de deux heures de grâce et de bonheur. Un moment rare et généreux qui a retourné le public.

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Il est de ces concerts dont on sort lessivé de joie, le sourire au zénith et avec l'envie que ça ne s'arrête jamais. De ces chansons que l'on aimerait voir jouées pendant des heures. Parce que c'est bon, parce que c'est tendre, parce que c'est prodigieusement humain.

Sur papier, le principe était simple: la famille Chedid, tribu terriblement douée pour la musique et l'écriture, avait décidé de se réunir sur scène pour une courte tournée dont la soirée aux Nuits Botanique 2015 était la seule date belge.

Matthieu laissait donc -M- et ses accessoires au vestiaire, Joseph délaissait son costume de Selim et la douce Anna oubliait Nach (artiste dont on reparlera) l'espace d'un soir. Seul Louis était Louis. Comme toujours. L'oeil humide et la tendresse au bout de la guitare.

Sur scène, des panneaux blancs lumineux font office d'élégant décor où viennent se fondre ombres chinoises et séquences colorées. Simple et classe. A l'image de la tribu.

Musicalement, ils sont donc 4. Juste eux 4. Chacun passant allégrement du chant à la batterie en passant bien sûr par la marque de fabrique "Chedid" les guitares.

Ne manquent de la famille Chedid que la maman et la fille ainée. Elles sont dans la salle. Tout le monde est donc là pour un moment rare que soulignera justement Matthieu: "combien de familles d'artistes français ont réalisé ce pari de tous se produire dans le même spectacle"?

Au niveau des textes, hormis un inédit de Matthieu sur Charlie Hebdo, que des reprises de leurs répertoires respectifs. Ce qui, pour un public largement acquis à Matthieu et son père, constitue malgré tout autant de belles découvertes. Tenez-le nous pour dit, Joseph et Anna possèdent de très jolis morceaux.

Et chacun chante, sans complexe et avec une joie non feinte,  les morceaux des autres membres de la tribu.

Le résultat est tantôt d'une tendresse à donner des frissons (Soeur Anne à quatre voix, Ainsi soit-il ou encore Je Dis -M-) ou d'une énergie communicative (Oh oui je t'aime, Machistador, Triste et malheureux comme la pierre,…) et toujours d'une sincérité à faire piquer les yeux de bonheur.

Le Cirque a vibré, dansé, chanté dans un joyeux mélange de générations tant sur scène que dans le public. Un moment rare, sans fioriture, sans plan marketing calculé derrière. C'était certainement la seule fois que la famille Chedid était ainsi rassemblée sur scène et on en est ressorti avec l'envie de les aimer encore plus fort. Et chacun pour ce qu'il est car il faudra avoir un oeil attentif à Anna, et sa voix en or,  et Joseph qui n'a rien à envier à son frère de -M- pour mettre l'ambiance.

Les Chedid nous ont quittés sur "On ne dit jamais assez aux gens qu'on aime qu'on les aime". Alors, cette fois-ci, on n'oublie pas de vous le dire. On vous aime.

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