Nuits Bota: dEUS en apothéose

Bien qu'enfermés de longs mois ensemble dans leur studio de Borgerhout pour enregistrer leur nouvel album "Keep Your Close" (à paraître le 17 septembre), les membres de dEUS ont, de leur propre aveu, eu l'impression de sceller leurs "vraies" retrouvailles ce vendredi 20 mai à Istanbul, date du premier concert de leur mini-tournée européenne.

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Cela faisait plus d'un an que le groupe n'avait plus joué live et, à en croire les commentaires enthousiastes postés sur la blogosphère depuis la capitale turque, les automatismes sont vite revenus. Mais le vrai test pour les Anversois, c'était cette prestation lundi soir en clôture des Nuits Botanique devant leurs fans et tout ce que la Belgique du rock compte comme happy fews…

Dès leur montée sur scène, dans le noir, sans décor et sans tralala, on les sent prêts à en découdre. Et de fait, ça ne traîne pas. En dix minutes, et sans la moindre pause, ils enchaînent les lumineux Sun Ra, Fell Out The Floor Man et The Architect. Le son est parfaitement maîtrisé, les musiciens sont à fond dans leur trip, entre rock débridé à la Captain Beefheart et groove futuriste, le public est scotché par une telle décharge d'énergie et l'atmosphère déjà suffocante. Le chapiteau est rempli comme un œuf et il y a autant de monde qui suit la prestation de Tom & Co depuis les marches menant aux serres. dEUS dévoile un nouveau morceau, Second Nature, ballade mid-tempo un peu bof bof à la première écoute. Avec ses cuivres samplés et sa rythmique Stax, Constant Now, livré plus tard, se montrera bien plus convaincant.
 
C'est le cas avec de nombreux "vieux" groupes et ça se passe aussi avec dEUS. Les Anversois ont beau offrir de nouvelles facettes, défricher des sentiers escarpés et foncer avec une curiosité toute juvénile dans la moindre brêche, ils savent aussi que ce sont leurs classiques qui fonctionnent le mieux. dEUS ne touche plus qu'un public adulte et celui-ci réagit au quart de tour lorsqu'il entend l'intro d'Instant Street. Nous sommes alors à la mi-concert et dEUS passe par un nouveau quart d'heure de grâce, à la fois intense et contrasté. Instant Street avec un duel épique à la guitare entre Tom Barman et le toujours élégant Mauro Pawloski, If You Don't Get What You Whant et le magique Theme From Turnpike. La suite sera plus équilibrée, entre décharges électriques (le prévisible mais jouissif Sud ans Soda en rappel) et gâteries plus fines (Nothing Realy End et  Morticiachair). Au bout de la nuit, au bout de ces Nuits qui nous ont tant donné, dEUS se place loin, très loin, au-dessus de la mêlée belge. Ils nous reviennent le 20 août au Pukkelpop et le 17 septembre chez les disquaires.

Pour tout savoir sur le nouvel album, rendez-vous sur www.keepyouclose.com

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