Nuits Bota : Black Lips – Total Rock n roll

C'était la soirée des Nuits attendue par tous les amateurs de gros wock'n woll qui tâche. Après, Young Legionnaire, les Liégeois d'Experimental Tropic Blues Band signaient leur retour au pays après une escapade américaine qui leur a, notamment,  permis de travailler sur leur prochain album avec Jon Spencer en personne.

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Pas de quoi les calmer en tout cas. Leur set démarre et les oreilles délicates prennent chères. Dès le deuxième morceau, Snake Boogie, le guitariste-chanteur-joueur d'harmonica aux cheveux blonds, est déjà en train de se faire porter par le public. Quelques nouvelles compositions prennent déjà place dans le répertoire : on les reconnaît grâce à leur aspect plus travaillé, lorsque le groupe arrête momentanément la surenchère dans la sauvagerie électrique pour s'appliquer. Mais ça ne dure pas et le schéma « psycho boogie joué à du 100 à l'heure/break psycho booogie joué à du 150/fin chaotique ponctuée de moults cris » reste d'application la plupart du temps. Tout comme l'attitude potache qui passe plus ou moins bien la rampe selon le moment.

Mais si on pensait avoir assisté à un concert un peu brouillon, on n'avait encore rien vu. Parce que, dans le genre, les Black Lips ont fait très fort. Tout avait pourtant commencé assez normalement : des bières volaient et quelques jeunes gens s'adonnaient au « stage diving » pendant que les quatre Américains jouaient du garage rock psyché, pour leurs anciens morceaux, ou quelque chose ressemblant plus à du pop-punk pour l'album à venir en juin.

Avec toujours cette touche rétro qui est encore plus accentuée par la tonalité des nouveaux morceaux qui récitent leurs gammes des Beatles au Kinks, des Ramones à Johnny Thunders. Si certains, dans le public, regrettent l'atténuation d'un côté plus sauvage, cela reste tout de même hautement énergique. Et foutraque à souhait. Puis cela a commencé par déraper : ce sont des jeunes filles en jupe qui se sont mises à faire l'aller-retour « je saute sur la scène pour resauter dans le public », sans oublier de siphonner une bière du groupe au passage et de lancer le fond du gobelet dans la salle, ensuite ils se sont retrouvés une dizaine sur scène pour entourer un groupe jouant de plus en plus fort.

Et, finalement, les deux morceaux de rappel se sont terminés dans le bordel, notamment sonore, le plus complet pour la plus grande joie d'un public rassuré : ce n'est pas parce que l'on parle de plus en plus d'eux et qu'ils se font désormais produire par Mark Ronson (Lily Allen, Amy Winehouse, Robbie Williams,…) qu'ils ont venu leur âme au Diable. Black Lips reste bel et bien l'un des groupes de rock'n roll qu'il faut absolument voir sur scène.

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