Notre top/flop – Pukkelpop Day 1 (+photos)

Eminem a fédéré malgré un concert qualitativement très faible, Johny M    arr n'intéresse plus personne et  Parquet Courts s'impose comme déjà comme la révélation de la rentrée. Bilan d'une journée contrastée mais riche en émotions.

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On a aimé

> Miles Kane
Le jeune dandy de Liverpool avait offert la primeur de son deuxième album « Don »t Forget Who You Are » aux Nuits Botanique. Il est revenu au Pukkelpop et a conquis une nouvelle fois avec une prestation délicieusement glam-rock. Garnis de jolies jeunes filles, les premiers rangs du Marquee réservent dès les premiers accords un accueil euphorique à Citizen Kane qui joue à Kiewit comme s’il est dans son jardin. Repris à l’unisson par le public, le final de Come Closer nous donne des frissons jusqu’au bout des doigts de pied. La grande classe.

> Nine Inch Nails.
Oscarisé pour sa BO du film « The Social Network », Trent Reznor, 48 piges, revient en force avec groupe Nine Inch Nails. En prélude d’un nouvel album, « Hesitation Marks », à paraître à la rentrée, la formation américaine a livré au Pukkelpop un show impressionnant en forme de crescendo. Lancé sous le mode électro, le concert gagne en intensité quand la batterie et les guitares ont craché toute leur énergie rock industrielle dans les amplis. Vêtu d’un singlet et d’un drôle de bermuda/jupe, Trent dévoile deux morceaux de « Hesitation Marks » (Copy Of A, Came Back Haunted) et surtout délivre des versions body-buildées de Head Like a Hole, March Of The Pigs et Piggy. Il a la niaque, Trent.

> Parquet Courts
Jeudi en début d’après-midi, quatre gamins de Brooklyn ont remis les pendules du rock à l’heure. Réunis sous le nom de Parquet Courts, les gars secouent leurs guitares sur des mélodies foutraques: des hymnes urgents, des petits tubes incandescents à ranger quelque part entre Pavement, The Fall et les Buzzcocks. Chez eux, la notion de temps mort n’existe pas. Leurs riffs décollent au quart de tour et plaquent un paquet de bonnes chansons (Stoned & Starving ) sous la Marquee. Un tout bon concert. A revoir à l’A.B. le 27 octobre.

> Bombino.
Jeudi, le gros coup de chaud du Pukkelpop est arrivé en dos de chameau. Dans la moiteur du Castello, Bombino a véritablement déchainé les guitares de la rébellion touarègue. Derrière son micro, Omara Moctar chante le sable et l’oppression, le désert et le désarroi d’un peuple sous haute tension. Si on ne comprend strictement rien aux paroles, la musique de Bombino nous transporte ailleurs, au confluent de l’Afrique et de l’Occident, au croisement de la griffe de Jimi Hendrix et de la patte de Tinariwen. Enorme concert.

> Le site du festival.
On ne le soulignera jamais assez… Les organisateurs du Pukkelpop mettent tout en œuvre pour accueillir les quelque 60.000 spectateurs quotidiens dans les meilleures conditions de sécurité et de confort. Ils ajoutent aussi une touche de goût et d’originalité pour la décoration. Tapissé de stalactites lumineuses, de drapeaux multicilores et de lustres géants, le carrefour des scènes dance (Dance Hall et Boiler) est un vrai plaisir pour les yeux. Au Pukkelpop, on trouve aussi un coiffeur, un coin « Arabian Tea » pour chiller et un « Battery Park » dans les bois pour recharger la batterie de son GSM. Bien vu…

 

On a moins aimé

 

> Eminem.
C’était le grand favori du jeudi. Tête d’affiche incontestée de la journée, Eminem n’a pas vraiment manqué son rendez-vous avec le Pukkelpop. Le public de Kiewit était remonté à bloc pour l’accueillir sur la Mainstage. Sans forcer, le Slim Shady a donc remporté la partie mais ce fut laborieux… Déjà, l’horloge affiche une demi-heure de retard au moment où Eminem daigne monter sur scène. Une fois sur les planches, c’est le grand décalage spatio-temporel : Eminen a l’impression d’être à Bruxelles et ne manque pas une occasion de le faire savoir aux gens. « Hello Brussels ! Thanks Brussels ! What’s up Brussels ! ». Nous, on est toujours à Hasselt et ce qu’on entend n’est pas bien brillant. Aidé par une bande sonore et un pote MC, Eminem reprend ses tubes comme s’il passait son jeudi soir au karaoké. En fond de scène, un feu ouvert crépite comme dans un mauvais épisode de Derrick. C’est cheap et pas vraiment à la hauteur du spectacle haut en couleur annoncé par l’ancien patron du hip-hop yankee. Là, il nous semble quand même plus proche de la pension que de la résurrection.

> Les annulations.
Après Neil Young et le Crazy Horse, Slayer, Courteeners et The Pretty Reckless, c’est au tour de Frank Turner d’avoir remis un certificat médical ce jeudi 15 août. Oui, ça fait beaucoup d’annulations de dernière minute…

> Johnny Marr.
Avoir le nom de Johnny Marr à l’affiche de son festival, ça claque. En Angleterre, l’ancien guitariste de The Smiths est un demi-dieu: une figure culte de de la grande histoire du rock. Malheureusement pour lui, le public du Pukkelpop a la mémoire courte. Il n’y a en effet pas grand monde sous la Marquee pour applaudir l’ancienne gloire de la pop britannique… Sur scène, pourtant, Johnny se dépense sans compter : il repart à l’assaut du répertoire de The Smiths (Bigmouth Strikes Again, There Is a Light That Never Goes Out), revisite le I Fought the Law popularisé par The Clash et donne le meilleur de sa guitare sur les morceaux de « The Messenger », son dernier album solo. Mais rien n’y fait. Le public a déserté. Dans le jargon, c’est ce qu’on appelle un râteau.

> Aluna George.
La nouvelle hype britannique a traversé la Manche pour rejoindre l’affiche du Pukkelpop. Short blanc à paillettes, longues jambes magnifiques, la chanteuse Aluna Francis embrasse la pop et le R’n’B sur la bouche. Dérrière elle, le producteur George Reid fait le travail. Ses beats sont efficaces, incisifs. Aluna George s’attaque aux tubes de son premier essai, le scintillant « Body Music ». Au micro, la jolie brune joue de ses atouts. Qu’ils soient physiques ou vocaux. La recette fonctionne (plus ou moins) pendant 20 minutes avant de sombrer dans une accumulation de clichés. Don’t Believe The Hype comme disait Public Enemy.

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