Notre top/flop- Pukkelpop 2013 – Jour 2 (+photos)

Girls In Hawaii éblouissant, Major Lazer pour un apéro tropical torride et les vétérans de The Prodigy qui envoient la purée. Oui, on a vite oublié l'annulation de Neil Young.

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ON A AIME

> Girls In Hawaïï.

Le retour de Girls In Hawaïï, tout le monde en parle. Vendredi, en début de soirée, l’événement s’est concrétisé autour d’un concert intense, électrique et dense. Un truc immense. Avant ces retrouvailles officielles avec le public belge, le groupe avait pris ses distances, traîné ses amplis loin du plat pays, à Brighton notamment, mais aussi au Montreux Jazz Festival ou en Chine. Histoire de retrouver ses marques, de relancer la machine. Après le deuil, les doutes et trois longues années d’absence, les Girls In Hawaïï ont donc choisi le Pukkelpop pour renouer avec la patrie. « C’est d’abord un rêve d’adolescent », nous glissait récemment le chanteur Antoine Wielemans. « On a toujours adoré ce festival. Quand on a commencé à faire de la musique, on écoutait dEUS, Soulwax, Millionaire ou Evil Superstars. On venait les voir jouer ici. Dans l’idée de repartir sur de bonnes bases, ça prenait tout son sens pour nous de revenir au Pukkelpop. » Peu avant 19h00, les mecs prennent possession du Marquee. Visiblement émus, Lio et Antoine retracent l’histoire du groupe à travers d’anciens morceaux (This Farm Will End up in Fire, Time to Forgive the Winter, Found in the Ground) et ouvrent des fenêtres sur l’avenir en s’attaquant aux versants d’"Everest", troisième album attendu pour début septembre. Sur scène, les nouvelles chansons (Misses, Not Dead, Switzerland, Rorscharch) laissent entrevoir une formation transfigurée : un bloc au son puissant, à la force de frappe intacte. L’émotion habitent chaque recoin de ces instants à fleur de peau. Les nouvelles recrues (Boris Gronomberger à la batterie et François Gustin aux claviers) assurent le tempo. Puissant, émouvant, ce concert de Girls In Hawaïï a marqué les esprits et troublé les mémoires. Pour comprendre l’impact de ce show, il faut attendre que les lumières se rallument. Au moment où le groupe revient sur scène pour démonter son matériel, les applaudissements reprennent. Et le rêve continue.

Retrouvez le dernier titre de Girls in Hawaii "Not Dead" sur moustique.be

Unknown Mortal Orchestra

Curieux trio originaire de Nouvelle-Zélande, Unknown Mortal Orchestra a surpris son monde et enchanté les sens lors de son passage au Pukkelpop. Fluette et légère, comme gonflée à l’hélium, la voix du chanteur Ruban Nielson décolle dans l’espace dès les premières salves du concert. Accompagné d’un batteur athlétique et de lignes de basse super cool, le leader du groupe esquisse des chansons bien chargées, des refrains à glisser dans l’oreille des fans de Tame Impala et MGMT. Acide et électrique, la guitare propulse la fusée néo-zélandaise sous les étoiles du rock psychédélique. Un fameux trip.

> Major Lazer.

Le producteur/dj Diplo était l'invité surprise du Pukkelpop puisqu'il a été appelé en dernière pour pallier le désistement de Neil Young And The Crazy Horse. Bon, il n'a pas repris en version dance-hall Rockin' In The Free World ou After The Gold Rush pas plus qu'il n'a modifié d'un poil sa setlist par rapport à son concert donné voici un mois et demi à Werchter. Mais quelle claque! Servi à l'heure de l'apéro, son cocktail électro/reggae/dub est imparable, putassier, certes, mais toujours spectaculaire. Diplo balance des serpentins dans la foule, grimpe sur son deck , agite un drapeau belge, se promène dans un ballon transparent sur les bras des spectateurs et ne cesse de balancer ses slogans hédonistes (Get Free, Scare Me, Keep Cool). Ses danseuses font la chorégraphie du popotin et, en point d'orgue de ce show très visuel, ce ne sont pas moins de quarante mille personnes qui s'exécutent lorsque le MC de Major Lazer demande au public de jeter son T-shirt ou son soutif en l'air. Oui, torride qu'on vous dit….

> The Prodigy.

Quoi, ces has-been de The Prodigy dans notre top de la journée? Mais oui, fieu, c'est comme ça! Quand les vétérans punks de l'électro déboulent sur la Main Stage avec les beats de Breathe poussés à fond les manettes, on se prend déjà un premier uppercut dans la tronche. La suite est tout aussi surprenante. Servis par un son XXL, The Prodigy envoie la purée avec une énergie décuplée sans doute par la grâce d'une potion magique que ses membres ont dû absorber dans les loges. Coiffé de sa coupe iroquois et affichant désormais un petit ventre rond de buveur de pintes, Keith Flinth pique des sprints de gauche à droite de la scène. Son comparse Maxim au visage grimé de peinture fluo passe beaucoup de temps au milieu du public et fait presque peur avec son regard globuleux de zarbi. Les tubes s'enchaînent dans un crescendo apocalyptique pendant nonante minutes sans la moindre baisse de pression. La bonne surprise vient aussi des spectateurs, pour la plupart des ados qui ont découvrir Voodoo People ou autre Fire Starter dans la discothèque de papa et maman. Le meilleur moment? Quand Maxim fait asseoir toute l'assistance et lui ordonne ensuite de jumper sur le beat de Smack My Bitch Up. On se serait crû à un concert de Rage Against The Machine en 92 pendant Killing In The Name Of.

 

ON A MOINS AIME

 

> L'heure matinale pour Puggy.

Le plus international des groupes belges méritait sans conteste de jouer sur la grande scène du Pukkelpop. Mais quel dommage d'avoir été programmé à 12h25. Même s'il n'y avait pas grand monde, le groupe s'en est plutôt bien sorti. On ne comprend toujours pas pour nos amis flamands sont toujours si frigides avec eux.

> Les temps morts.

Vendredi, avec l’annulation de Neil Young, il fallait s’armer de patience pour vibrer avec les véritables têtes d’affiche de la journée (Eels, The Prodigy). Alors, on a marché, aperçu de belles prouesses (BRNS, Low, Mount Kimbie, Mala in Cuba) et de bien vilaines surprises (Fun., Cerebral Balzy, Little Green Cars). En fin de journée, semelles usées et jambes laminées, on se dit qu’on a beaucoup couru. Pas pour rien. Mais presque.

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