Norah Jones brise les coeurs

Le 12 septembre, elle sera à Forest national. En attendant, dans l'intimité d'un studio télé, elle vient de nous jouer son nouvel et remarquable "Little Broken Hearts".

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Le studio de la VRT est carré, tendu de noir, assez spacieux pour une centaine d’invités et ponctué par un étroit podium. Norah a juste la place pour s’installer au milieu de ses musiciens au look d’étudiants en country-blues (cheveux flous, chemises western).

Une proximité qui a dû lui rappeler ses premiers pas dans les bars de Manhattan. C’était avant 2002, avant les tubes langoureux Don’t know why et Come away with me (elle les jouent en final) et les 20 millions d’albums vendus. Depuis, ont suivi trois autres albums et vingt millions de ventes supplémentaires.

Dix ans ont passé, mais Norah Jones sur scène n’a guère changé. Nous l’avions vue à ses débuts dans un set privé où, déjà, malgré sa timidité, sa voix était magnifique et parfaitement maîtrisée. Ses chansons caressantes étaient jouées avec une efficace simplicité. Mais l’émotion en était absente.

A 33 ans, Norah Jones est plus que jamais à l’aise dans la musique (elle signe elle-même le solo de guitare très Neil Young de All a dream). Mais malgré son premier rôle dans My Blueberry Nights de Wong Kar Wai (le pauvre n’a rien fait depuis 2007), elle est toujours aussi absente et expéditive face au public.

Ainsi, intégralement et quasi dans l’ordre du CD, elle interprète sans frisson son album de coeur brisé, des mid-tempo paresseux, languides, irrésistibles. On a eu aussi droit à une version nerveuse de Stuck (tiré du précédent album "The Fall", aussi très recommandable) et  Black issu de "Rome", sa première collaboration avec Danger Mouse (elle l’appelle Brian, comme Brian Burton, la moitié de Gnarls "Crazy" Barkley).  Au total, une heure privilégiée, mais pas un grand moment. 

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