Nicolas Bedos " Je suis le garçon qu’on adore détester "

Séducteur vachard, le chroniqueur de Ruquier parle d'amour dans son dernier livre. Sans clashs et sans remords.

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Gentil sensible ou vrai connard? Nicolas Bedos aime jouer de l'ambiguïté. Que ce soit dans ses chroniques à On n'est pas couché chez Laurent Ruquier ou dans ses billets dans Marianne ou Elle, le fils de Guy Bedos s'est fait un prénom à la force des coudes, mais surtout à la force d'une plume acérée, grande gueule et reine des piques. Avec son nouveau roman La tête ailleurs, il décide de jouer une autre carte à travers la chronologie de son histoire d'amour. Avec style, verve et une grosse louche de premier degré. Une première! De quoi découvrir une nouvelle facette d'un adorable prétentieux.

Vous usez beaucoup plus du premier degré dans ce livre qu'à l'habitude. Pourquoi cette envie?

Nicolas Bedos – Ça s'est fait naturellement. J'en avais un peu marre, aussi, de faire des chroniques surréalistes. Y a un moment où on a envie de se démaquiller un peu. De ne raconter que du vrai. Puis il m'est arrivé des choses  suffisamment prenantes pour que ça devienne presque nécessaire de les raconter. J'avais envie de ça. J'essaie quand même de parler d'amour au second degré. C'est d'ailleurs ce dont je suis le plus satisfait: faire sourire avec le sentiment amoureux, qui n'est pourtant pas un thème très rigolo. Tout est affaire d'angle, de style. Mon travail tourne énormément autour de la forme. C'est une petite musique, il y a beaucoup, beaucoup de jeux sur les mots.

Pourquoi ce soudain besoin de parler d'amour?

N.B. – Parce que j'étais amoureux! Et aussi parce que depuis ma seconde carrière, celle de diariste – d'ailleurs il y a le terme diarrhée dans diariste -, j'ai l'outrecuidance d'avoir imposé une sorte de déballage littéraire à mes lecteurs. Cela me vaut un tas de reproches à Paris de ceux qui ne m'aiment pas: il ne parle que de lui, il nous raconte sa vie… Mais c'est un style! Les auteurs qui m'ont accompagné pendant toute mon adolescence sont des auteurs qui parlent d'eux! Henry Miller, Bukowski, Léautaud… Ce sont des écrivains qui utilisent énormément leur trame personnelle. Ça ne les a jamais empêchés d'écrire des romans magnifiques. Comme je suis une vedette de télévision, certains oublient la tradition littéraire dans laquelle je m'inscris et ont l'impression d'un ego-trip.

Voir la dernière chronique de Nicolas Bedos à ONPC

Voir la suite de son interview dans Moustique de ce 24 décembre 2013.

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