Ni à vendre ni à louer: Les vacances de Monsieur Rabaté

L'auteur de BD Pascal Rabaté rend hommage à Tati avec une comédie chorale. Gonflé mais superbement burlesque.

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"Les vacances à la mer, c’est super". Surtout quand elles nous donnent à voir Monsieur et Madame Tout-le-monde dans des activités plus étonnantes les unes que les autres: suivre un cerf-volant en voiture, jouer au golf en visant les gens, se promener dans un camp de naturistes ou s’offrir une séance de sadomasochisme… Après l’hilarant Les petits ruisseaux, Pascal Rabaté semble prendre plaisir à sa nouvelle vie de cinéaste. "J’ai du mal à quitter le livre mais j’aime varier les plaisirs", confesse-t-il.

"Je ne pouvais imaginer cette histoire autrement que comme un pur objet cinématographique",poursuit l'auteur.Car Ni à vendre ni à louer est un film totalement décalé, prenant le parti pris du presque muet (juste nourri de bruits incongrus). Le portrait spontané de la France d’en bas en forme d'hommage à Jacques Tati (on pense aux Vacances de Monsieur Hulot). Rabaté, s'il ne nie pas, prend ses distances: "Tati s’intéressait plus à la machine qu’au grain de sable qui peut tout faire dérailler. Moi, c’est le contraire. J’aime les poseurs de pétards. Mais il est vrai que je suis un enfant de Tati. Comme je suis un enfant de Keaton, Edwards, Demy ou Kaurismäki".

Pour décrire les différents états du couple dans la classe ouvrière française, Rabaté a choisi l'originalité. L'idée. L'humour burlesque. Comme ce magazine de gommettes façon "Panini" dans lequel on ne colle pas des joueurs de foot mais des sexes d'homme… Rabaté confirme donc tout le bien que l'on pensait déjà de son cinéma. C'est gag, naturel, divertissant. Et parfois même piquant. À voir!

Ni à vendre ni à louer
Réalisé par Pascal Rabaté avec Jacques Gamblin, Maria de Medeiros, François Damiens (2010) – 80'.

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