Never let me go

Clippeur du porno chic Bedtime Story de Madonna ou du nauséeux Closer de Nine Inch Nails, Mark Romanek signe cet ovni ciné, bien loin de son excellent thriller Photo Obsession de 2002.

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Ici, le suspense simple mais efficace d’il y a presque dix ans fait place à un climat planant mais inoffensif et à un trio de comédiens qui accouchent d’un film juste mollement poétique. On suit les tribulations de trois étudiants menant une vie idéale dans un pensionnat anglais des années 70 jusqu’au jour où ils réalisent qu’ils ne sont que… des clones destinés à alimenter une banque d’organes.

Tout cela manque cruellement d’intensité pour captiver sur la longueur. On comprend bien le pari de Romanek visant à adapter le roman Auprès de moi toujours du Japonais Kazuo Ishiguro (Les vestiges du jour) au moyen d’une science-fiction sans effets spéciaux et d’un gore dénué de goutte de sang. Mais, au contraire de ses collègues vidéastes, il ne possède ni la créativité débridée de Michel Gondry (The Green Hornet, Eternal Sunshine of the Spotless Mind) ni un univers créatif aussi cohérent que celui d’Anton Corbijn (dont le American avec George Clooney est perfectible mais attirant). En sort donc un film d’anticipation passéiste, sorte de Twilight en loden vert seventies. Bien essayé, mais c’est raté.

Réalisé par Mark Romanek (2010). Avec Carey Mulligan, Andrew Garfield, Keira Knightley – 103'.

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