Need for Speed: Moteurs…Action!

Le filmNeed For Speed est l’adaptation d’un jeu vidéo best-seller, mais surtout un signe supplémentaire que tôle froissée et pellicule ont souvent fait affaire ensemble. Mais d’où vient cette fascination du septième art pour l’automobile?

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Le minibus nous débarque et nous quittons le confortable air conditionné pour la canicule du mois de mai à Atlanta. Direction le plateau de tournage du film Need For Speed. Nous nous retrouvons donc au bout d’une interminable ligne droite sur laquelle vont se mesurer deux bolides. "Quand on adapte un jeu vidéo au cinéma, l’essentiel est de rendre le fun du jeu à l’écran, alors que le spectateur est passif. Mais quand c’est un jeu de bagnoles, le défi est double. Puisqu’il ne faut décevoir ni les hardcore gamers, ni les fans de films de voitures", explique le réalisateur Scott Waugh. Need For Speed se situe donc à la croisée des chemins! Du côté des jeux portés à l’écran, le mariage fut souvent célébré sous le règne du pire sans le meilleur. On se souvient par exemple du pathétique Street Fighter (1995), avec Jean-Claude Van Damme au jeu d’acteur aussi pixellisé que le jeu vidéo lui-même.

De Drive à Thelma

Par contre, quand on aborde les films qui sentent l’essence et le bitume en éruption, le sinistre total n’est plus forcément en bout de parcours. Et les exemples de (semi-)réussites affluent. Que ce soit dans le dessin animé (Cars), la comédie (la saga de la Coccinelle), le bas du front (la série des Taxi ou les Speed avec Sandra Bullock), le pied au plancher avec bimbos siliconées et partouzes d’effets spéciaux (les Fast & Furious), la série B jouissive (Boulevard de la mort), l’art de la fugue et de la poursuite (Bullit, Gone In 60 Seconds), le suspense qui met mal à l’aise (Taxi Driver, Drive…), le kitsch assumé (Cannonball), voire le kitsch qu’on n’avait pourtant pas vu venir (Speed Racer)… Tout ça sans oublier les films qui tirent leur ADN de la compétition automobile, genre Le Mans, Driven ou le récent et très réussi Rush.

Mais qu’est-ce qui fait que la bagnole a à ce point investi le septième art? Karine Ferri, présentatrice de The Voice France et auteur de l’excellent bouquin Les voitures de légende au cinéma sorti en 2001 (tout est dans tout), esquisse un début de réponse: "Je répondrais en citant Thelma & Louise, autre film où les autos sont omniprésentes. Avec cette phrase extrêmement forte, lorsque Louise dit: "La plupart des gens me causent des ennuis, mais cette voiture permet d’y échapper". Au cinéma, la voiture est un moyen de se libérer. Elle est aussi très souvent la dernière demeure avant la mort. Dans bon nombre de films, la voiture joue des rôles funestes, que ce soit dans Week-end de Jean-Luc Godard ou Crash de David Cronenberg. Ils sont tous deux excellents dans leur genre. Mais si je ne devais en choisir qu’un, je resterais plutôt sur une touche positive en prenant comme film Little Miss Sunshine. Parce que ce n’est qu’au volant du van, un Combi VW  pour être exact, que les membres de cette famille farfelue renouent entre eux. Et la voiture, c’est ça aussi: de longs trajets où chacun échange, voire chante au volant".

La suite dans le Moustique du 15 avril 2014

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