Natalie Portman: L’étoffe d’une (très) grande

De la comédie au film exigeant, portrait d'une jeune femme qui nous impressionne. A quelques jours de son premier oscar?

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C’est une actrice au sommet de son art, de sa beauté et de sa féminité qui aborde les rivages de 2011. Parce qu’elle vient probablement de tourner le rôle le plus important de sa carrière, parce qu’elle aura trente ans cette année et qu’elle va être mère pour la première fois. Natalie Portman est définitivement sortie de sa chrysalide adolescente, dix-sept ans après sa toute première apparition au cinéma dans Léon.

 C’est en effet Luc Besson, qui a toujours eu l’œil pour déceler les vrais tempéraments derrière les jolis minois, qui la repère alors qu’elle n’a que onze ans. Sa spontanéité et son aisance bluffent le metteur en scène de Nikita: « On voyait déjà que cette gamine serait une star », confie-t-il. « Ce Besson, c’est un bon », dit-elle à sa mère en sortant du casting. Sur le plateau de Léon, ses parents veillent à ce que les scènes ne soient pas trop ambiguës et rationnent sa consommation de cigarettes à l’écran. Surprotégée? Natalie ne s’en cache pas. Ses parents ont joué un rôle essentiel dans la maîtrise de sa carrière.

 Sa réussite, elle la doit tout d’abord à son éducation. Elle naît à Jérusalem en juin 1981 d’un père médecin et d’une mère artiste, avant de débarquer aux Etats-Unis à l’âge de trois ans. Elle suit une scolarité exigeante, et entre les films, décroche un master en psychologie dans la très prestigieuse Université de Harvard. Ce qui l’obligera à sécher la première mondiale de Star Wars… On croit rêver! Natalie a une intelligence de carrière qui lui évite de trébucher là où tant d’autres se fracassent. A côté d’elle, Scarlett Johansson paraît trop blonde, Keira Knightley, trop sage, et Kirsten Dunst, presque fade. Son charme, c’est un mélange d’innocence et d’espièglerie, une beauté à la fois piquante et classique. Un cocktail rare, que l’on n’a plus vu depuis Audrey Hepburn.

 Longtemps retenu, son talent explose par bribes, en même temps que sa féminité. Le cinéma a toujours aimé ça, assister à la naissance d’une femme. Quitte à la broyer. Natalie ne s’est jamais laissé dépasser par un rôle, ni happer par le système. Elle ne spécule pas sur son image et n’a cédé que très récemment aux sirènes de la publicité pour le parfum Miss Dior chérie – filmée par Sofia Coppola s’il vous plaît – que l’on découvrira au printemps.

Une carrière tout en finesse

Adolescente, elle préserve sa fraîcheur dans des seconds rôles chez des réalisateurs confirmés et évite les premiers rôles tapageurs. Puisqu’une carrière se construit aussi avec des « non », elle refuse le remake de Lolita, ou le Romeo + Juliette de Baz Luhrmann. On la voit plutôt en belle-fille triste de Pacino dans Heat, en fille précoce de Nicholson dans Mars Attacks!, avant que George Lucas la mette en pleine lumière en princesse Amidala dans la prétrilogie des Star Wars.

 Devenue star, Natalie entreprend alors sa mue en acceptant deux rôles importants dans Closers de Mike Nichols et My Blueberry Nights de Wong Kar-Wai, où elle montre une facette plus charnelle et plus déjantée. D’un autre côté, des rôles historiques confirment son fort tempérament dramatique (notamment celui d’Anne Boleyn dans Deux sœurs pour un roi). Elle ose se raser la tête dans V pour Vendetta et surtout, a l’intelligence (après Star Wars) de ne pas délaisser le cinéma indépendant.

 Comme Free Zone du réalisateur israélien Amos Gitaï, qui lui permet de travailler dans le pays qui l’a vue naître il y a trente ans, et dans lequel elle retourne au moins deux fois par an. Natalie parle couramment hébreu et ne prend pas les Etats-Unis pour le centre du monde. Elle voyage d’ailleurs beaucoup: en Inde, en Afrique ou au Mexique pour y réaliser un documentaire. Elle s’engage aussi activement pour la défense du micro-crédit (elle est ambassadrice de FINCA International qui aide notamment les femmes des pays du tier

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