A Namur avec Maxime Prévot (CDH)

Comment un candidat bourgmestre vit-il ses derniers jours de campagne? On en a suivi quatre à la culotte. 

638518

A Namur, Maxime Prévot a la cote. Du Grognon aux plateaux de télé, le tout frais bourgmestre cdH ferraille pour bétonner son image dynamique. Envers et contre le PS.

Tout est d’abord parti en tonneaux. Ceux de la voiture inaugurée en ce lundi matin par la police sur un parking namurois. Histoire de faire passer aux automobilistes l’envie de négliger leur ceinture de sécurité. Au choix: une amende de 50 euros ou quelques désagréables tourniquets tête en bas dans le véhicule pivotant sur un axe. Pour Maxime Prévot, ce sera le tourniquet. Normal, le bourgmestre cdH de 34 ans est là pour inaugurer l’engin. La sécurité routière est un des thèmes favoris du maïeur en fonction depuis mars 2012.

Un beau tremplin que cette succession à Jacques Etienne mais un double et lourd défi à relever le 14 octobre: "Je dois légitimer mon statut par les urnes. Je ne veux pas devenir le plus jeune et le plus éphémère bourgmestre de la ville de Namur (rire). Et puis pas question que le PS, délogé en 2006, revienne au pouvoir". Un objectif poursuivi au pas de charge par Prévot au gré d’un agenda infernal jonglant avec ses trois casquettes: tête de liste à Namur et leader régional du parti, chef de groupe cdH au Parlement wallon et bourgmestre pleinement en fonction. D’autant que l’homme veut tout gérer en première ligne: "J’aime tout superviser. Je n’ai ni attaché de presse ni conseiller en com, je ne fais confiance qu’à moi-même. Je ne laisse par exemple personne gérer mes 200 mails reçus par jour. Cela tisse une confiance avec les gens qui me sollicitent". Un collaborateur sourit: "Oui, mais le système de Maxime implique un max de demandes de dernière minute. Il est très sollicitant pour ses troupes. Mais c’est quelqu’un qui sait dire "merci"". 

Pour la campagne aussi, la sienne et celle des 300 candidats cdH de la province de Namur, Prévot gère tout. Les photos, les slogans, les mises en pages des tracts autant que les tensions entre candidats. Il faut le voir sillonner sa ville "souvent à pied ou en LibiaVélo. Cela me permet de prendre le pouls de la ville et des gens". Tous les cinq mètres fuse un "bonjour Maïeur" ou un "salut Max". Une popularité réelle et entretenue depuis 2006 d’abord comme échevin des Affaires sociales et du sport.

Sourire et changement de cravate

"Il va cartonner!" prédit un passant alors qu’une dame  tempère: "Il veut soi-disant réveiller la vie nocturne de Namur mais qu’il prenne garde, beaucoup de Namurois sont très attachés à leur quiétude". Delphine, blonde trentenaire et ex-assistante d’une échevine Ecolo, analyse le cas Prévot: "Il a réussi à s’imposer très intelligemment dans l’esprit des Namurois. Car non seulement il parle à ma génération qui peut s’identifier à ce jeune père moderne. Mais aussi à toutes les autres. Les gens aiment son pragmatisme, son ouverture, son don inné du contact".

Mais pour l’heure, en cette fin de lundi matin, direction Bruxelles et la RTBF pour essuyer les plâtres de Qui sera le maïeur?, le débat de 13h30. Sujet: Namur, avec ses quatre têtes de liste. Maxime Prévot n’a rien préparé. "Trop de préparation est anxiogène. Cela formate l’esprit, freine la spontanéité. Je vais presque toujours en télé sans notes. Sans filet. Et puis, je connais mes dossiers à fond et j’ai rédigé à 95 % le programme électoral cdH. Donc je suis serein." Aucun stress? "C’est un compagnon quotidien. L’antidote est de rester soi-même, de parler clairement. La visibilité c’est de la crédibilité". 

En salle de maquillage, Eliane Tillieux, la meilleure ennemie PS de Prévot est déjà là. Un peu coincée tandis que lui, se fait taquin: "Je peux t’embrasser? T’inquiète pas, s’il y a une retouche à faire, je m’en chargerai personnellement", lance-t-il avec son rire tonitruant. "Je m’entends bien avec Eliane, nous glisse-t-il. Mais nous sommes dans un rapport schizophrénique. On est concurrents acharnés au niveau communal mais liés à la Région." En plateau, l’enjeu communal domine clairement avec une Eliane Tillieux assénant que "la défaite du PS de 2006 et son renvoi dans l’opposition n’ont été qu’un accident de l’histoire". Au sortir du débat, Prévot grince: "Quel toupet! C’est vraiment symptomatique du mental socialiste. Le PS pense que Namur lui appartient de tout temps!"

Un débat à Hit Radio, un collège communal, deux interviews presse, un débat aux Mutualités chrétiennes, quelques réunions et une journée au Parlement wallon plus tard, nous revoilà en fin de mercredi à filer vers Bruxelles et le débat Grand-place communale de la RTBF. "L’exercice est un peu différent. On va débattre de thématiques générales. Dans mon cas, mobilité et aménagement du territoire. On est à la fois le candidat bourgmestre mais aussi représentant des positions de son parti." Le cdH où on fait d’ailleurs une halte avant d’aller à Reyers. Le président Benoît Lutgen y attend les débatteurs du jour pour un briefing. Une heure plus tard, cap sur la RTBF avec un Prévot au taquet. "Les consignes de Lulu? (Benoît Lutgen – NDLR), rigole Prévot. Veiller à ce que le débat ne tourne pas uniquement sur Bruxelles, ne pas oublier de sourire. Et il m’a suggéré de retirer ma cravate! Apparemment il ne la trouvait pas top. Il ne doit pas aimer le rose pastel!"

Sur le même sujet
Plus d'actualité