Mylène Farmer lance sa tournée: show et froid

Nous avons assisté aux débuts de la tournée Timeless de Mylène Farmer qui fera halte à Bruxelles en novembre prochain. Notre verdict: un spectacle en pilote automatique, mais pas avare en bonnes surprises pour autant!

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Peu avant le début du concert, sur les trottoirs devant la salle parisienne de Bercy, le service de nettoyage de la ville évacue les dizaines de tentes abandonnées par des admirateurs qui ont campé depuis plusieurs jours devant la salle afin d’être certains de truster les premiers rangs pour en prendre plein les yeux et les oreilles. Les lumières s’éteignent. Et après une longue immersion en 3D dans un vaisseau spatial à la Alien, la reine d’un soir fait son apparition sur A force de…, extrait du nouvel album Monkey Me. Avant d’utiliser une machine à remonter le temps pour revenir près de vingt ans en arrière pour Comme j’ai mal.

Mais c’est avec C’est une belle journée, en troisième position, que Mylène atteint la vitesse de croisière d’un spectacle alternant entre les grands hymnes passés (Sans Contrefaçon, Désenchantée) et de larges extraits plus récents (Oui mais non, A l’ombre). Sans oublier les éternels changements de costume qui la font passer de James Bond Girl à Princesse Leia, en passant par l’infirmière limite SM bardée de latex rouge. Et les non moins éternelles larmes fixées en gros plan par les caméras qui inondent les deux écrans géants, pour que tout le monde puisse profiter de ce léger déluge lacrymal.

Les jeux de lumière sont massifs sans en devenir kitsch pour autant. Tandis que la maîtresse de maison nous gratifie de quelques belles trouvailles. Comme lorsqu’elle se fait accompagner d’hallucinants robots dansants (Découverts dans un pub télé pour Citroën voilà trois ans, mais perfectionnés depuis.), qui renvoient R2D2 à la casse. Comme d’habitude, chaque chanson se transforme en un véritable tableau, travaillé avec une minutie à rendre un horloger suisse malade de jalousie.

Deux effets pervers: une certaine froideur vu que tout ceci ne laisse que très peu de place à l’improvisation. Et, surtout, des enchainements inexistants. Puisqu’entre chaque morceau, les lumières s’éteignent le temps de préparer la fresque suivante, l’ambiance de folie tissée pendant le titre précédente s’évapore, et tout est à recommencer.

Paradoxe de ce show qui lâche une armada d’effets spéciaux: ce sont les passages les plus dépouillés qui en constituent les vrais grands moments, et arrivent à susciter de réelles émotions. Comme lorsque Mylène entame Les Mots, en duo avec Gary Jules, un artiste américain entre folk et rock, malheureusement très peu connu dans nos contrées. Là, seuls au monde et juste accompagnés par un piano cristallin, ils s’enlacent comme Peter Gabriel et Kate Bush dans le clip de Don’t Give Up. Et c’est juste beau. A tel point que l’on se prendrait presque à rêver d’une tournée acoustique…

Deux heures (Avec un rappel, c’est une première.) après l’extinction des feux, clap de fin sur une prestation qui aura (mais c’était prévisible) tenu, comme d’habitude plus du show multimédia que du concert. Bref, c’était du Farmer, sans contrefaçon.

En concert à Bruxelles (Palais 12) 13, 15 & 16 novembre.

Tickets : 0900 00.456 ou www.palais12.be

Suivez notre journaliste  Frédéric Vandecasserie sur Twitter @VDCFred

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