My Little Cheap Dictaphone – Dans la cour des grands

Le groupe liégeois s’envole à bord d’un nouvel album aérien et mélancolique. Toujours plus haut, toujours plus beau.

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Au four et au moulin depuis près de quinze ans, My Little Cheap Dictaphone s’est progressivement métamorphosé pour, finalement, graver ses initiales dans le livre d’or de la pop noir-jaune-rouge. Nouvelle étape dans la carrière de la formation liégeoise, l’album "The Smoke Behind The Sound"voit MLCD explorer d’autres contrées musicales, plus atmosphériques que jamais.

Perdues entre ciel et terre, les chansons du groupe voyagent désormais en première classe, entre guitares et claviers, hymnes éthérés et petits rêves éveillés. "Cette évolution résulte vraiment de nos choix " , remarque Michael "Redboy"Larivière, voix principale du projet. " Qu’ils soient bons ou mauvais, ils nous ont amenés ici. C’est via nos erreurs qu’on a appris à devenir meilleurs. On s’est améliorés et construits au fil du temps. À chaque album, on a engrangé un peu plus d’expérience. Pour nous, le véritable tournant, c’était en 2010 avec " The Tragic Tale of a Genius " . Là, on a tout fait pour passer au stade supérieur. On s’est donné les moyens de nos ambitions en mettant sur pied un opéra rock. "

Célébré par les critiques et le public, ce disque-concept ouvre une voie royale à MLCD. Après trois ans de tournée et plus de 120 concerts, le groupe se retire du monde pour ébaucher de nouveaux morceaux. " On s’est réfugiés dans les Hautes-Fagnes, du côté de Malmedy où on a loué une vieille ferme. C’est là que nous avons composé le squelette des nouveaux titres. Par la suite, on s’est retrouvés en Provence, dans un hameau perdu au beau milieu des collines. " De retour en Belgique, My Little Cheap Dictaphone se tourne vers Luuk Cox, producteur pointilleux récemment aperçu en compagnie de Girls In Hawaii. À ses côtés, le groupe se réinvente et entrevoit de nouvelles possibilités. Décomplexé, MLCD pousse les portes de l’ICP, prestigieux studio bruxellois où Noir Désir, The Cure, Soulwax et tant d’autres ont posé leurs amplis. " On pensait que c’était impayable pour nous , note Redboy. Mais, Luuk Cox avait ses entrées et on a enregistré notre album là-bas. Quand on s’est pointés sur place, on a croisé Lana Del Rey. Dans le même temps, Stromae était à l’étage en train d’achever l’enregistrement de son album. C’est vraiment un endroit  de rêve pour un musicien." Pour parfaire les chansons de "The Smoke Behind The Sound", MLCD s’envole ensuite pour Londres, direction Abbey Road. "Là, c’est encore une autre dimension. Quand tu mets les pieds dans ces studios, tu pénètres dans le temple des Beatles. Il y a des traces d’eux partout. Impossible de passer à côté. À un moment, un mec est venu nous causer. Au cours de la conversation, on s’est rendu compte que c’était Giles Martin, le fils de George Martin, le producteur des Beatles. À Abbey Road, tu croises sans arrêt des personnalités. On pourrait croire que c’est un monde parallèle mais en fait, là-bas, c’est le cours normal des choses. "

Cet improbable périple déboule aujourd’hui sur dix chansons dans le vent: des singles (Bitter Taste Of Life, Out Of The Storm), des refrains épiques (Fire) et de superbes ballades cosmiques (Not Hype, Feather Smile) brillent au cœur d’un disque cohérent de bout en bout. Succulent. Tout simplement.

Le 29/1 au Botanique, Bruxelles.

Le 7/2 au Théâtre de Liège.

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