Moby: écoutez son nouvel album

Même si nous suivons Moby depuis vingt ans avec la même passion, l'honnêteté nous conduit toutefois à reconnaître que l'idée même d'un nouvel écrit dans des chambres d'hôtels ne nous rendait pas enthousiaste.

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Moby avait déjà esquissé ce sujet sur le très faible "Hotel" en 2005. Pourtant, l'artiste new-yorkais met toute son intelligence et sa sensibilité dans ce nouveau projet baptisé "Destroyed". Avec ses claviers mélancoliques, ses voix féminines vaporeuses, son romantisme moderne et ses instrumentaux ambient qui ne sont pas sans évoquer "Low" de Bowie en 1977, "Destroyed" trouve son prolongement dans un album photos vendu séparément.

"Ce disque et le livre de photos ont pour but de montrer que le métier que j'exerce est fantastique mais qu'il est aussi étrange, explique-t-il. En tournée, je passe plus de temps à attendre des avions dans les aéroports que sur scène. Je joue devant 40.000 personnes qui m'acclament et, l'instant d'après, je me retrouve seul et anonyme devant une porte d'embarquement. Mentalement, on passe par les sentiments les plus extrêmes. Les chambres, les loges ou les halls d'embarquement vous semblent familiers, mais pourtant vous ne maîtrisez jamais votre environnement."

Enregistrer son nouvel album sur la route, est-ce une manière de rompre la monotonie des tournées?
Moby – Il y a un peu de ça. Attention, je ne veux pas jouer les artistes blasés. J'aime toujours donner des concerts, mais je dois me fixer une certaine discipline de travail en tournée afin d'en oublier les moments les plus pénibles, comme les heures d'attente interminables dans les aéroports et les nuits sans dormir. Lors de ma dernière tournée mondiale en 2009 et 2010, je me suis donné pour mission d'écrire des chansons tous les jours et de prendre des photos. Et finalement, les deux projets se sont rejoints. Sans ça, j'aurais passé mon temps sur mon laptop à raconter ma vie sur mon blog ou à acheter des instruments de musique sur eBay.

Comment vous préparez-vous mentalement et physiquement avant de partir en tournée?
Moby – Le plus dur c'est de quitter mon foyer et mes habitudes d'homme célibataire. En tournée, tout est fait pour vous rendre la vie confortable. Je suis comme un enfant, toujours assisté, toujours aux côtés de quelqu'un qui va me prendre la main ou qui décidera à ma place. Le manager, le directeur de l'hôtel, la maison de disques…

Qu'est-ce qui vous manque le plus en tournée?
Moby – Un gars cool répondrait "ma famille et mes amis", mais ce n'est pas la vérité. Je me souviens d'une tournée mondiale intense, voici une dizaine d'années, en compagnie des Red Hot Chili Peppers. Après le dernier concert, il y avait une grosse fête qui était organisée. J'ai demandé à Flea (bassiste des Peppers – NDLR) s'il y allait. Il m'a répondu: "Tu es fou! Dès que les lumières se rallument, je monte dans le premier avion, je rentre chez moi et je regarde les Simpsons à la télé en mangeant un chili con carne chauffé au micro-ondes". Excepté le chili con carne, j'avais envie de faire la même chose.

Il est beaucoup question de nuit dans vos nouvelles chansons, ainsi que dans les photos de votre ouvrage. Vous ne dormez jamais?
Moby – Je dois avoir vu toutes les villes les plus importantes du monde à quatre heures du matin. Pas parce que je me drogue ou que je sors dans les clubs, mais parce que je suis insomniaque. A quatre heures du mat', quand vous regardez par la fenêtre de votre hôtel, vous croyez être la seule personne en vie et c'est bien ça le problème, vous n'avez personne à qui le dire.

[…]

Votre rapport à la musique est-il le même aujourd'hui que dans les années 80 lorsque vous jouiez du punk avec votre premier groupe Vatican Commandos?
Moby – A l'âge de 17 ans, j'ai pu accéder pour la première fois à des loges d'une salle de concert, lors d'un show de R.E.M. Le groupe n'était pas encore là, mais je m'en souviens pourtant comme l'un des plus beaux jours de ma vie. Je voyais des guitares dans leurs étuis, un plateau de fruits pour les musiciens, des packs de bière, des backstage pass posés dans le canapé et tout ça me faisait fantasmer. Ado, j'avais une vision romantique de la musique. J'en jouais, j'en écoutais, je lisais des fanzines spécialisés, je regardais les clips. Aujourd'hui, ça m'intéresse seulement d'en faire et d'en écouter.

Moby – Destroyed
PiaS

Le 3/6 au Botanique (complet).
Le 30/7 au Suiker Rock.

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The Day

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Sevastopol

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Be The One

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