Miss Mouche

Ce film prouve surtout que le manque d’argent peut habilement être compensé par d’excellentes idées! Et le créateur du personnage de Bla-Bla à la RTBF passe donc avec brio le cap du premier long métrage.

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Car il arrive avant tout à maintenir la tension avec une histoire majoritairement articulée autour de séquences filmées à l’arraché avec un téléphone portable. L’engin est manipulé par Nina, une ado qui, séduite par le gadget, capte le quotidien. Mais finit par découvrir qu’elle a surtout mis en boîte la déchéance de ses parents.

Exploration à la fois poussée et décalée de l’utilisation des technologies par le grand public, Miss Mouche a le bon goût de ne jamais adopter de discours moralisateur ni de confondre le tragique avec le pompeux. À l’image de l’excellente Mona Jabé, déjà vue dans Oscar et la dame rose d’Eric-Emmanuel Schmitt.

Qui trouve ici un scénario lui permettant d’exprimer avec brio sa candeur d’adolescente et son professionnalisme d’actrice. Soutenue par un montage très adroit, cette sorte de Blair Witch chez les nouveaux riches décadents exige un petit effort de la part du spectateur de par son utilisation audacieuse et massive du flash-back. Mais le jeu en vaut la chandelle. Car cet ovni est (déjà) l’une des bonnes surprises de l’année.

Miss Mouche
Réalisé par Bernard Halut (2010). Avec Mona Jabé, Bernard Cogniaux, Valérie Bauchau – 82’.

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