Mini-Miss. Des princesses trop fardées

La France a interdit les concours de beauté pour mineurs et leurs mini-miss aux poses lascives. La Belgique veut à son tour tirer le rideau. Justifié?

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Tout est bien sûr affaire de sensibilité… En 2011, à Auch, dans le sud-ouest de la France, une psychologue et un planning familial s’émeuvent de la reconduction de l’élection, dans leur ville, de la "Mini-Miss Séduction". Franchement, on les comprend. La Mini-Miss Séduction 2010 est, comment dire?, troublante, attirante, tentante. Quelque chose dans ce goût-là: une très belle jeune fille, un air boudeur, un maquillage subtil… On doit relire plusieurs fois le bandeau qui ceint la gagnante: "Mini-Miss"? Mini? Qu’est-ce que cette jeune femme a de "Mini"? Et c’est là que se trouve le problème, dont vont d'ailleurs bientôt s'emparer les médias français: la jeune femme dont la séduction a déjà quelque chose de sexuel n’a que… 11 ans.

Les opposants au concours crient à l'"hypersexualisation", la représentation de l’enfant comme une sorte de majeur sexuel miniature, susceptible, comme cette fillette de 11 ans, de susciter d'inconvenants émois. La justice, saisie, est sensible à l’argument et interdit la tenue de l’élection, dont elle condamne d'ailleurs l'organisatrice. Finie, la "Mini-Miss Séduction". Mais pas la polémique. Car l’affaire est relayée par les médias et s'invite aux JT de 20 heures. Le sujet est mûr, les politiques s’en mêlent pour aboutir le 18 septembre dernier au vote par le Sénat français d’une loi interdisant les concours de beauté aux moins de 16 ans.

Mais voilà que les organisateurs français contre-attaquent et émettent l’idée d’aller faire leurs petites affaires de l’autre côté de la frontière, chez nous, en Belgique. Il ne faudra pas 24 heures pour que les politiques belges réagissent. Nos édiles, le ministre en charge de l'Enfance Jean-Marc Nollet en tête, émettent à leur tour le souhait de bannir de tels concours sur le sol de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qu'ils soient français ou belges d’ailleurs.

La suite dans le Moustique du 2 octobre 2013

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