Before Midnight

Julie Delpy et Ethan Hawke, pour la troisième fois dans cette romance intelligente qui n’a jamais fait inutilement couler l’eau de rose.

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"J’avais 26 ans quand j’ai joué dans le premier épisode de la série, Before Sunset, commente la délicieuse Julie Delpy. Quand le second, Before Sunrise, est sorti neuf ans plus tard, j’ai découvert l’attachement des spectateurs à cette saga romantique. Et dès ce moment-là, j’ai su qu’il y aurait un troisième épisode. Du moins si nous avions quelque chose d’intéressant à apporter." Et bonne nouvelle: ce Before Midnight n’est pas le volet de trop!

On retrouve donc Céline et Jesse dix ans après Before Sunrise. Et, comme tous les couples de quadras, ils n’échappent pas à la routine, à la lassitude et aux concessions obligatoires. Si le film respecte le cahier des charges imposé depuis le début (de très longues parlotes, des plans qui ne servent que l’esthétique mais pas directement l’histoire), il regorge aussi de spontanéité. Grace au couple Julie Delpy – Ethan Hawke, que l’on croirait avoir quitté hier. Et qui prend visiblement grand plaisir à renouer.

En outre, Before Midnight fait aussi mouche pour plusieurs autres raisons: s’il s’avère verbeux, il n’est jamais naïf. Et si les deux premiers épisodes regardaient exclusivement vers l’avenir, ce film-ci lorgne vers le passé. Ce qui nous vaut quelques moments extrêmement touchants. Sans parler d’un dénouement magistral qui convoque de multiples références à l’un des grands héros de Miss Delpy: Woody Allen. Avec un cocktail explosif entre engueulade bien sentie, amertume et humour corrosif. Alors oui, ce film tient du péché mignon, voire du plaisir coupable. Ce n’est peut-être pas un pan indispensable de l’histoire du cinéma. Mais il fait du bien par où il passe et réussit à tirer la larme fatale sans overdose de guimauve.

Before Midnight
Réalisé par Richard Linklater. Avec Julie Delpy, Ethan Hawke, Seamus Davey-Fitzpatrick – 108’.

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