Mercury Rev revisite « Deserter’s Songs »

Qui n'a pas rêvé un jour de revoir jouer sur scène son disque préféré? Après 22 ans de carrière et quelques membres remplacés, Mercury Rev réalise ce souhait : le groupe (re)présente « Deserter's Songs", paru initialement en 1998, et véritable album  pivot dans le parcours chaotique des New-Yorkais, il s'agit avant tout de leur plus grand succès critique et commercial.

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C'est dans une ambiance quasi biblique, luminaires façon "bougies" et fumée épaisse, que Mercury Rev fait son entrée dans un Cirque Royal assis, un peu sage pour le coup. Les premiers accords de Holes lâchés, les sept (!) membres du groupe laissent un délire cosmique s'emparer de la salle. Un son ultra puissant (un peu trop pour certains) et un batteur très énervé aident le public à se décoincer, se levant même parfois pour les plus téméraires.

Après Endlessly, Delta Sun ou Opus 40, un jeu de lumière à rendre fou un épileptique et malgré un Cirque rempli au tiers de sa capacité ; l'ambiance est là, électrique, rock'n'roll. Quelques moments de folie douce sont aussi au programme de cette virée céleste mais imposante, dont l'utilisation d'une scie comme instrument, en rappel.

Poussant parfois aux frontières de la caricature du groupe qui en fait trop, Jonathan Donahue en première ligne, Mercury Rev aurait pu forcer un peu moins sa réinterprétation : elle enlève souvent la grâce des premières moutures . Lui qui annonçait à la sortie de « Deserter 's Songs » : « Ce qui importait avant tout, c'était de faire un disque intemporel, que les gens puissent écouter dans trente ans sans se pincer le nez ou piquer un fou rire » ne s'y est pas trompé, et même si les morceaux ont subi quelques réarrangements symphoniques, treize ans plus tard, l'album se déguste toujours avec autant de saveur.  A noter que de "Deserter's Songs" vient d'être réédité en version remastérisée.

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