Merci les Diables!

Du spectacle, des buts... Cette coupe du monde est un grand cru. Mais elle est aussi la vitrine de ce qu'est devenu le foot. On y parle finalement plus de Neymar que de l'équipe du Brésil, plus de Messi que du onze argentin. Ce Mondial ressemble à une gigantesque pub Nike: une prime à l'exploit individuel, au "moi, ma gueule, mon but, mon œuvre". Sauf que, en débarquant au Brésil avec Captain Wilmots et sa tactique du un pour tous, tous pour un, les Belges ont, eux, su afficher une certaine modestie.

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Merci… pour l'image de nous

 

– Les Diables comptent dans leurs rangs quelques jolis tatoués. Mais au moins, la plupart d'entre eux ont-ils résisté à la tendance actuelle chez les footeux consistant à repousser les limites du design capillaire au-delà du moralement admissible et de l'esthétiquement souhaitable.

 

– Comparez Neymar et Divock Origi quand ils fêtent un but d'égale importance pour leur équipe. Le Brésilien donne l'impression qu'il vient de sauver des vies. Le Belge, que la sienne vient à peine de commencer. Et qu'il y a encore du chemin à faire. Et pas que sur les terrains de foot. Classe.    

    

– Revoyez l'interview d'Eden Hazard juste après Belgique-Russie. Le joyau belge sait l'importance de la victoire mais aussi la faiblesse de sa prestation pendant les 80 premières minutes: "Je comprends bien que les gens attendent beaucoup de moi et moi, je sais que je peux mieux faire" . Il a aussi un mot pour défendre Lukaku, dont il sait déjà qu'il focalisera l'essentiel des critiques. En studio, le consultant Philippe Albert est bluffé. "Une telle lucidité, cinq minutes à peine après un match… Chapeau!" A ses côtés, Benjamin Deceuninck avait vu juste dans notre numéro spécial Coupe du monde: "En plus de leurs qualités, de leur talent et de leur éducation, les Belges sont intellectuellement un peu supérieurs à la moyenne des footballeurs" .

 

– Radios, télés, journaux, affiches, certains n'en peuvent plus depuis longtemps de ce battage. Et on fera sans doute bondir en évoquant une certaine notion de discrétion dans les différentes campagnes de pub autour des Diables. Et pourtant. Ce groupe, entre faire la vaisselle chez des quidams à l'occasion d'un défi populaire, jouer des maracas en piaffant de rire pour le compte d'une banque ou s'offrir un selfie avec leur roi, s'accommode des règles du star-système avec une fraîcheur certaine. Pour une fois, quand les médias étrangers louent une certaine "bonhomie des Belges", il ne s'agit pas d'une façon déguisée de nous traiter de ringards.

 

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Ils ne rapporteront peut-être pas la Coupe du monde, mais ce que les Diables Rouges nous ont offert jusqu'ici vaut déjà son pesant d'or. Grâce à eux, nous avons rêvé, nous nous sommes retrouvés, peut-être même mieux acceptés… La reine, le PIB et les politiques leur sont reconnaissants. Nous aussi!

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