Merci, et un gros kiss

Merci, et un gros kiss… Ah ça, rien à redire!

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Comme disait ce grand critique de Stéphane Bern, Philippe Ier nous a fait un "sans-faute". N’ayons pas peur des mots: c’est déjà un tout grand roi. Et donc je m’associe à tous les commentateurs qui, eux aussi, ont réussi la grande dis’ du marathon télévisé du superlatif. Juste pour le plaisir, je vous repasse quelques extraits, que vous puissiez les garder en souvenir de ce 21 juillet historique. Le discours du trône du roi Philippe était "plein d’intelligence" (merci Elio, et un gros kiss). Il était prononcé "sans la moindre hésitation", d’une voix "très mâle, très sûre, très affirmée". Son appel à une Belgique de la diversité était "très fort, ancré dans son époque" (re-merci Elio, et re-gros kiss). Philippe affichait une "très grande prestance". Il avait "le sourire, la chaleur et l’aisance qu’on lui connaît" (là, je pense que le commentateur avait quand même un peu pris un coup de chaud). La reine Mathilde était "particulièrement radieuse" et, autour du nouveau couple royal "particulièrement détendu", leurs quatre enfants étaient "particulièrement charmants". Les larmes de Paola était "particulièrement émouvantes", l’émotion d’Albert était "particulièrement touchante", Astrid et Claire étaient "particulièrement élégantes", alors que Fabiola était "particulièrement quelque chose en -ante" et que Laurent était "particulièrement un autre truc en -ant que j’ai oublié". Alors oui, il y en a des qui vont encore dire qu’au Parlement, Philippe aurait quand même pu prêter serment par cœur, qu’il a eu 53 ans pour apprendre trois petites phrases en néerlandais/français/allemand ("Je jure fidélité à la Constitution…"). Eh ben non! Ses fiches "reflétaient le grand perfectionnisme du roi Philippe".

Mais ce que j’ai surtout trouvé top, c’étaient toutes ces surprises. Ce sens de l’impro. Ce grain de folie de notre famille royale! Alors là, on a été gâtés! D’abord, samedi au concert des Beaux-Arts, pour remercier "Sire, papa" qui a tant d’humour, est-ce que Philippe n’a pas invité en cachette les musiciens-humoristes de la Framboise frivole, pour rigoler? Si! Pfft, on s’est marrés! Et direct après, zou!, deuxième surprise: tout le monde dans les Marolles pour le grand Bal populaire national en totale communion avec la population et avec nos plus grand chanteurs (le Grand Jojo, Annie Cordy et même Sandra Kim, dites donc!). Et qu’est-ce qu’ils nous font, nos joyeux de la couronne? Ils dansent assis! Willem-Alexander et Maxima, ils se levaient et dansaient bêtement debout avec leur population. Les nôtres pas: ils inventent la danse sur chaise! Quelle créativité! Et attendez, ce n’est pas fini. Le lendemain, lors de son tout dernier discours royal, Albert remercie Paola en lui envoyant ce truc de folie: "Merci, et un gros kiss!" En pleine séance solennelle, le roi retraité casse les codes et lance une grosse baise à sa reine de toujours (enfin presque), perpétuant ainsi une longue tradition de spontanéité royale, si chère aux Saxe-Cobourg. Et comme pour montrer que le témoin de l’imprévu est bien passé, voilà-ti-pas que dimanche soir, le roi Philippe et la reine Mathilde reviennent sur le balcon du palais pour saluer la foule avant le feu d’artifice! Comme ça! A l’impro. Fouie-fouie-fouie, que d’émotions vraies!

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