Même la pluie

Un film engagé, doublé d’une réflexion piquante sur la création et l’intégrité.

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C’est sans doute le souvenir du film Land and Freedom de Ken Loach, où elle fut actrice, qui inspira à Iciar Bollain l'histoire de Même la pluie. Soit la révolte d’un peuple à travers le tournage d’un documentaire de cinéma dans les montagnes boliviennes. Et l’on devine vite que chez la réalisatrice espagnole comme chez son mentor anglais, le petit peuple n’est pas figurant mais bien héros de l'histoire. Et de fait, cela commence fort. Cherchant pour son film sur la colonisation des terres indiennes de bonnes gueules du terroir, Sebastian se heurte rapidement à la volonté farouche d’un petit homme à qui on ne la conte pas.

Le premier rôle en poche, l’autochtone deviendra la conscience du peuple écrasé par des colons espagnols dans le film. Et, ironie du sort, le héraut du combat des habitants d’un bidonville contre des salauds friqués qui les ont privés d’eau courante dans la vie réelle. Dépassant le cadre casse-gueule du "film dans le film", Bollain signe un manifeste émouvant et poétique questionnant avec finesse l’intégrité, les affres de la création artistique et la place de l’individu dans la grande mosaïque humaine. Un film-puzzle intense, qui n’est pas sans rappeler le Fitzcarraldo d’Herzog, et qu’une tendance aux bons sentiments un peu faciles en fin de parcours gâche à peine. – T.V.W.

Réalisé par Iciar Bollain (2010). Avec Gael Garcia Bernal, Luis Tosar, Carlos Aduviri – 103'.

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