Maxïmo Park – Too Much Information

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Les Anglais font tourner la machine à tubes. Excitant!

 

"Au cas où certains n'auraient pas capté, nous sommes un groupe émotionnel" , se permet d'insister Paul Smith, chanteur de Maxïmo Park, sur son site officiel en prélude à la sortie de "Too Much Information". Lancé comme une claque postpunk voici une dizaine d'années, Maxïmo Park a toujours eu un problème de crédibilité de ce côté-ci de la Manche. Avec ce cinquième album, la formation de Newcastle ne cherche plus à se montrer crédible ou "alternative" coûte que coûte. Elle se contente de pondre de bonnes chansons et ça suffit amplement à notre bonheur.

 

Lyriquement supérieurs à la moyenne, les quatre garçons prennent ici un malin plaisir à brouiller les cartes. Les fans indie de la première heure seront quelque peu surpris par les synthés eightiesqui dominent les ritournelles Brain Cells et Leave This Island. Outre la fraîcheur qu'elles apportent, ces plages rappellent toutefois que Maxïmo Park maîtrise toutes les ficelles pour séduire les radios. Pour le reste, c'est le grand écart. Joe Dassin entendait siffler sur la colline? Paul Smith, lui, adore y contempler le clair de lune (Midnight On The Hill). Et quand il avoue "qu'il n'a jamais été à Mexico City ou à Chicago" (sur I Recognise The Light), on ne le croit qu'à moitié. Et c'est pour cela qu'on l'aime. C'est qu'il aime surgir là où on ne l'attend pas. Ainsi, après avoir fait joujou avec ses claviers, Maxïmo Park retrouve son énergie postpunk en milieu de disque sur un virulent My Bloody Mind et fait mouliner les guitares sur l'épatant Lydia, The Ink Will Never Dry. En fin d'album, et sans que l'intérêt ne se relâche, le groupe soutient sans difficulté les comparaisons avec Franz Ferdinand (I Recognise The Light) et Pulp (Where We're Going). Au final, "Too Much Information" ne permet toujours pas de cerner l'identité de Maxïmo Park mais une chose est sûre: c'est leur album qui possède le plus de valeur ajoutée.

Luc Lorfèvre

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