Maxime Chattam: »Je vais arrêter les conneries de ce genre »

Phénomène de l'édition, il publie un des thrillers de l'été, La conjuration primitive. Conversation.

891549

Après avoir rassemblé la documentation, vous prenez combien de temps pour écrire un thriller?
Mille heures, en moyenne. Comme j’écris entre six et douze heures par jour, cinq jours par semaine, ça va très vite. En trois ou quatre mois d’écriture intensive, en accélérant sur la fin, j’écris un roman policier.

Et la préparation?
Un mois à temps complet, à condition d’avoir bien réfléchi au bouquin.  

En fait, vous faites de la vulgarisation…
Oui. Je lis énormément, jusqu’à saturation. Je plonge mon histoire dans un bain de réalité, je situe mon histoire dans des lieux qui existent, je décris des techniques ou des procédures réelles.

Vous faites tout vous-même ou vous avez des documentalistes qui travaillent pour vous?
Je fais tout moi-même, mais je vais beaucoup vers les gens. Je lis, je dégrossis sur Internet, quand j’ai le sentiment de connaître un peu le sujet, je vais vers les experts pour leur poser des questions. Mais si je pars dans un endroit dangereux, je pars avec un ami qui est garde du corps à l’armée… Encore que la dernière fois que je suis parti dans un endroit sordide, il n’était pas là et je l’ai regretté… (Rire.)

C’était où?
Au Liban, j’ai fini dans les mains du Hezbollah. Je me suis retrouvé à six heures du matin en tête-à-tête avec le numéro 2 du Hezbollah…

Et comment ça s’est passé?
Avec lui, bien. Mais avec les autres avant, mal… Je ne peux pas trop en parler…

La France a dû intervenir pour votre libération?
Je ne répondrai pas à la question… Pas pour m’exfiltrer, mais pour adoucir certaines choses et que certaines choses se passent…

Qu’aviez-vous fait?
J’avais mis mon nez où il ne fallait pas. J’étais là-bas pour un livre d’espionnage que j’écrirai un jour…

Vous avez flippé?
Je ne peux pas entrer dans le détail, mais il y a quand même eu un coup de feu tiré à ça de mon oreille. (Rire.) Pendant cinq secondes, j’ai cru que j’étais mort. 

Ben, dites donc, c’est dangereux le métier de tête de gondole!
Maintenant que je suis marié et que je vais avoir un enfant, je vais arrêter les conneries de ce genre (rire).

Votre directrice de collection se mêle-t-elle de votre boulot?
J’aime bien être tranquille, et j’aime bien être le seul maître à bord. Je suis assez totalitaire avec mes personnages, je ne me laisse pas guider par eux…

Quand vous rendez le manuscrit, votre éditeur exige-til beaucoup de corrections?
En général, on a très peu de temps…

C’est pour ça que vous rendez vos manuscrits très tard!
(Rire.) Un peu, oui. J’aime bien qu’on me foute la paix. Mais en général, c’est des Post-it pour me dire que là c’est un peu long, que là c’est un peu redondant…

Sur qui testez-vous vos histoires?
Ma femme. Elle est hyper-pertinente, elle attend l’efficacité et l’émotion. Elle est très en prise avec la réalité…

Elle fait quoi dans la vie?
Elle est journaliste télé…

Ah ouais, d’accord…
Rire.

La conjuration primitive

Albin Michel
460 p.

Sur le même sujet
Plus d'actualité