Maurane: « On s’est bien frités cette année »

Ça y est! LaNouvelle Star est de retour pour sa dixième saison. Avec Maurane toujours dans le quatuor de jurés, l'édition promet son lot de clashs... et d'émotions. (texte intégral)

973779

Quel est le "truc en plus" de laNouvelle Star par rapport aux autres télécrochets? Pourquoi regarder cette émission?

Maurane – Parce que ce n'est pas une téléréalité! On n'y voit pas les candidats faire pipi, se brosser les dents et aller se coucher, etc. Toutes les capsules qui les montrent évoquent leur évolution, leurs techniques de travail. Et puis surtout, ce n'est pas du chiqué: on a de la bouteille dans le jury. André est un musicien expert, Sinclair aussi, même s'il a mis la chanson entre parenthèses, Olivier Bas écoute en moyenne 300 disques par semaine depuis des années… Et moi, ça fait plus de trente ans que je fais ce métier. Autant dire qu'on sait directement quand on tient quelqu'un de spécial. Avec nos expériences, on peut vraiment se permettre de faire évoluer ces talents bruts de décoffrage.

Le cru 2013 compte-t-il encore de (très) jeunes candidats, comme l'édition précédente?

Maurane – Oui, mais moins que l'an passé. D'ailleurs, c'est fou comme d'une saison à l'autre on peut ressentir des choses différentes. J'ai eu des coups de cœur, mais pas énormément et ce n'est pas du tout le même genre qu'en 2012. Ils sont sans doute moins fougueux… L'an dernier, j'étais déchirée, terrifiée, au moment du choix final – quand on doit décider de qui va sur le prime -, il y avait vraiment des gens que je regrettais de ne pas pouvoir garder alors que cette fois-ci ça a été bien plus facile: la décision était évidente, j'étais plus en accord avec les choix des autres membres du jury.

Aux castings aussi? Pas de désaccords entre vous, Sinclair, Olivier Bas et André Manoukian, à signaler?

Maurane – (Rire.) Ah si, on s'est bien frités cette année! Bien plus que l'an dernier! On a chacun notre caractère et il faut faire avec… On s'est bien marrés aussi. Mais il y a certaines choses que je regrette. Quand la journée est finie par exemple, Sinclair disparaît directement, sans rester boire un verre ou discuter. Moi, j'ai besoin de décompresser, de parler avec les gens.

Lors des castings à Bruxelles, la production a tenté de vous imposer un candidat non retenu parce qu'il avait "une bonne gueule". Ça arrive souvent ce genre de chose?

Maurane – Non, et heureusement! On s'est d'ailleurs tous un peu rebellés. C'est l'une des conditions sine qua non pour laquelle j'ai accepté de faire laNouvelle Star: sans obligations et sans diktats de la prod. D'habitude, ça fonctionne très bien. Parfois, ça dérape. Nous sommes des artistes et eux, ils font de la télé, donc ils sont obligés de veiller à l'audimat et à sélectionner des personnages, des beaux gosses. Mais ça, on en a! Aucun de nous quatre n'a compris cet "arrêt sur image" de la prod pour ce jeune homme, donc il y a eu quelques heurts. Nous savions bien que la personne qu'on nous a demandé de garder n'irait pas très loin dans l'émission… Et ça a été le cas. Le pire, c'est pour ce candidat qui s'est fait de faux espoirs.

Vous gardez en tête l'idée de trouver une "belle gueule" quand vous auditionnez quelqu'un, au contraire des blinds de The Voice?

Maurane – On ne va pas se mentir, ça rentre aussi dans les critères. J'ai failli faire partie de The Voice Belgique, mais je ne crois pas au principe. Si derrière une jolie voix se cache l'aura d'une huître, ce n'est même pas la peine. Il faut des gens qui se démarquent par leur nature vraiment intéressante. Quelque chose à donner d'autre que simplement leur organe vocal. C'est aussi une attitude. Et puis, on est toujours en manque de garçons dans ces émissions. Bizarrement, il y a toujours plus de filles sur les castings… Et c'est un problème pour le fonctionnement du programme. L'un des arguments de la production, c'est que lors des "live" de l'émission, ce sont surtout des filles qui votent: il faut les faire rêver avec des beaux mecs. Mais ça ne devrait pas entrer en ligne de compte.

Ça fait quoi d'être la seule femme dans un jury de garçons?

Maurane – J'ai l'habitude. Je fais des tournées depuis mes 18 ans où il n'y a souvent que des mecs, c'est devenu la routine. Ils vous appellent "patronne" ou "maman", et quand ils vous aiment moins, ils vous appellent "madame". Mais j'ai toujours été un peu le capitaine dans un bateau de mecs. Mais c'est vrai qu'avec Sinclair et André, parfois c'est compliqué: je leur reproche souvent de choisir des candidates en fonction de leurs hormones et non de leur talent. C'est des mecs quoi, cons comme des garçons (rire). Mais bon, ils ne manquent pas trop de discernement artistique la plupart du temps.

Peut-on dire que l'intégrité du jury de laNouvelle Star est intacte?

Maurane – Oui, évidemment. Parfois, on se demande si on ne booste pas des petites engueulades pour qu'elles existent, qu'on fasse le point et qu'on puisse repartir du bon pied après. Parce que quelquefois on se retrouve face à six ou sept candidats à la suite qui sont inintéressants et comme on a une quarantaine de gens à entendre par jour, on se décourage. Dans une journée qui commence à 5h30 et qui se termine à 22h30, c'est long. Mais ça reste passionnant.

Vous ne vous lassez jamais de tous ces aspirants chanteurs?

Maurane – Non, vraiment. Les artistes me passionnent. J'ai déjà eu moi-même une belle carrière et ça continue, même si l'on vend moins de disques. La demande du public est toujours présente en concert. Mais la générosité de ces nouveaux chanteurs m'excite, d'ailleurs je les suis après leur passage dans l'émission. Olivier Bas aussi est plus dans l'affect…

Quitte à être cash avec les moins bons. C'est dur de lâcher à quelqu'un qu'il a le charisme d'une baignoire suisse allemande, comme vous l'avez fait…

Maurane – (Rire.) Oui, et je m'étais gourée en plus! Parce qu'il a été loin dans l'émission, le Flo à qui j'avais dit ça. Et il va faire la première partie d'un de mes concerts! En même temps, il faut qu'ils se blindent face aux critiques. J'en ai fait plein des émissions où j'ai été huée, moi! Un jour, quelqu'un m'a proposé de me donner des sous pour que j'arrête de chanter… Je me souviens aussi d'un programme atroce nommé Tête d'affiche. Il y avait une sorte d'éventail. Si les gens aimaient votre prestation et applaudissaient, il ne se déployait pas. S'ils vous huaient, il montait et, lorsqu'il vous masquait complètement, vous étiez éliminé. Ma chanson s'appelait J'ai le trac, et j'ai vécu ce supplice alors que les gens hurlaient et applaudissaient. Je n'avais que quinze ans! Donc, je pense savoir ce que nos candidats ressentent, je comprends leur stress. Mais c'est vrai que dans laNouvelle Star il y a certains aspects cruels. Surtout quand on n'explique pas pourquoi on élimine quelqu'un. Ça me fait craquer à chaque fois. Je pleure beaucoup.

En parlant d'émotion, aux castings bruxellois, vous avez aussi revu P-Jo qui avait fait The Voice Belgique. C'était une surprise?

Maurane – Oui… Ça m'a mise très mal à l'aise quand j'ai vu qu'il faisait partie des castings. D'autant plus qu'on se connaît bien, il est déjà venu à la maison, etc. Je me suis à peine mêlée de la décision, aux castings André, Sinclair et Olivier voulaient le garder puis au théâtre il s'est un peu planté. Mais quand on connait bien les gens, c'est super-délicat de devoir les juger. Dans ce cas-là, pas de quartier. P-Jo doit encore gommer certaines choses mais il a énormément de talent et une sensibilité à fleur de peau. Il doit s'armer. C'est souvent les gens qui n'ont pas confiance en eux qui en font des tonnes.

Peut-on s'attendre à une Maurane moins trash sur les réseaux sociaux depuis vos coups de sang sur Twitter?

Maurane – Je me calme, oui. Mais je suis quelqu'un d'entier et j'aime communiquer avec les gens, donc je ne vais pas arrêter de parler ou de commenter pour autant. J'ai simplement décidé de ne plus répondre aux rageux, ça leur donne de l'importance et ça alimente le débat. C'est inutile.

NOUVELLE STAR – CHAQUE JEUDI PLUG RTL 21H15

Sur le même sujet
Plus d'actualité