Matthias Schoenaerts arrête le cinéma

Alors que Moustique propose le DVD de "De rouille et d'os" cette semaine, un de ses acteurs, le Belge Matthias Schoenaerts annonce arrêter le cinéma. Moustique l'a rencontré tout récemment avant qu'il annonce son retrait.

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Matthias Schoenaerts motive sa décision annoncée ce 30 octobre par un trop plein de pression et par la volonté de se consacrer uniquement à son métier d'acteur. Ce qui lui est rendu impossible par l'accumulation de promos, de tapis rouges,… Moustique a rencontré récemment l'acteur belge qui monte. Il faisait déjà état d'une lassitude de la promo et des à-côtés du métier d'acteur qui le minaient.

On retrouve Matthias Schoenaerts cette semaine dans Moustique avec "De rouille et d'os", un de ses films majeurs.

Matthias Schoenaerts, acteur massif.

Consacré par Tête de bœuf et De rouille et d’os qu’on vous propose cette semaine, l’acteur anversois explose à Hollywood. Le point sur une carrière coup de poing.Il est devenu aujourd’hui le seul Belge après JCVD à enchaîner régulièrement les tournages outre-Atlantique.

Matthias Schoenaerts, c’est un peu le De Niro flamand. Un corps et un jeu qu’on n’oublie pas. Pour Tête de bœuf (qui le révélait au public francophone et international), il n’hésite pas à prendre 18 kilos de muscles. C’est son Raging Bull à lui. “Pour interpréter Jacky, je n’avais qu’une image en tête, celle du Minotaure”, raconte-t-il souvent. Ce thriller scorsesien et flamand cartonne au box-office mondial et mène la Belgique directement aux oscars en 2011. L’éleveur de bœuf bourré aux hormones, c’est aussi le rôle qui lui ouvre les portes du très select cinéma d’auteur français avec De rouille et d’os de Jacques Audiard. Face à Marion Cotillard dans ce mélo coup de poing, il interprète Ali, autre désaxé sauvé par l’amour et la boxe. Avec son jeu fort et fragile, ses performances extrêmes et ce magnétisme brut – “qui ne s’explique pas. On l’a ou on ne l’a pas”, glisse souvent Cotillard à son propos –, Matthias devient aussi le premier acteur belge à remporter le césar du meilleur espoir masculin. L’aura de la Môme oscarisée à ses côtés lui donne accès à Hollywood. “Marion a beaucoup fait ma pub, ça m’a un peu gêné, mais elle est très délicate. C’était gentil de sa part”, nous confiait récemment Matthias, devenu aujourd’hui le seul Belge après JCVD à enchaîner régulièrement les tournages outre-Atlantique.

New sensation

Alors, ça fait quoi d’être la nouvelle sensation américaine? Pour celui que l’on présente parfois comme le nouveau Javier Bardem ou qu’on pressent pour incarner le futur James Bond, l’Amérique n’est pas un but. "J'habite toujours à Anvers et je veux continuer à faire des films belges. Ça a l’air con dit comme ça, mais mon seul objectif est de faire partie de bons projets, que ce soit aux Etats-Unis, en France ou en Belgique. Je ne veux pas penser au business, il y a des gens payés pour ça. Moi, ce n'est pas mon boulot. J’ai d’ailleurs un très bon agent en Amérique qui filtre pas mal de choses pour moi. Ce qui est nécessaire puisque je peux recevoir jusque quatre scripts par semaine. J’ai reçu Fifty Shades Of Grey. Je me suis endormi en le lisant. En Amérique, beaucoup de choses peuvent t’arriver. Mais pas que des bonnes. Il ne faut pas se tromper.

Surtout quand les paparazzi commencent à lui tourner autour après l’avoir aperçu au bras de la James Bond girl Gemma Arterton. Les potins? Pas pour Matthias qui ne quitte pas sa fiancée depuis trois ans, une étudiante en droit anversoise et modèle: “Si tu commences à considérer tout cela, tu es mort. Ça pourrait très vite me donner envie de devenir violent. Donc, je reste très loin des gossips. Je ne comprends pas l’intérêt de tout ça.” Son truc pour garder la tête sur les épaules? Rester attaché à son pays. “Je ne voudrais pas vivre ailleurs. Cette année, j’ai été trop peu à Anvers. Ça me manque”, confiait-il au supplément lifestyle du New York Times dont il assurait la couverture glamour au printemps. Après être apparu torse nu dans les pages du Vogue américain sous l’objectif de Mario Testino aux côtés de la top model Carolyn Murphy.

Enfant de la balle

Son talent? Matthias préfère laisser les réalisateurs en parler à sa place. Pour Audiard, “Matthias est un pur acteur. Il est bien, il est bon, il est beau. Il a de l'adresse physique, une finesse intellectuelle, il vient du théâtre, rien ne le retient, il peut tout faire". Pour Guillaume Canet qui le met en scène dans Blood Ties (sur les écrans cette semaine), "Matthias a un talent de dingue. C'est un caméléon: il parvient à entrer dans la peau de ses personnages de manière exceptionnelle. Au-delà de ça, c'est un bonheur de travailler avec lui. Il est sur le plateau du matin au soir, il est toujours disponible, toujours de bonne humeur".

Peut-être que le secret de Matthias, c’est de savoir d’où il vient. C’est un enfant de la balle. Monté sur les planches à 8 ans, il apparaît à 15 ans dans Daens de Stijn Coninx aux côtés de son père, le grand acteur flamand Julien Schoenaerts. Il aime la photo, la boxe et le street art, mais c’est le cinéma qui a calmé ses angoisses d’ado: "J’ai été un familier du pétage de câble. C’est peut-être un sentiment lié à la jeunesse. Mon métier m’a beaucoup calmé et je suis heureux de ne plus avoir affaire à ça que sur l’écran", confiait-il aux Inrockuptibles. C’est peut-être pour ça que chez lui, le cinéma garde quelque chose d’organique. "Je suis affamé de travail. J’ai l’impression d’avoir été beaucoup en promotion, d’avoir beaucoup fait la tournée des festivals pour De rouille… et Tête de bœuf, maintenant je veux bosser! Je ne crois qu’à ça. Si tu travailles dur, tu crées les circonstances pour la chance. Je crois que c'est ce que j'ai fait.” Massif, on vous disait.

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