Matthew E. White – Fresh Blood

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Un chevelu détendu sort un album roots au poil.

Voici deux ans, un nounours en costume blanc débarquait de Richmond, ville de l’Etat de Virginie connue pour avoir commercialisé la première cannette de l’histoire de l’humanité. Le cheveu long, la barbe au vent, Matthew E. White s’essayait alors au chant, enfermant ses passions musicales sur le génial "Big Inner", premier album aux orchestrations léchées. Un disque dans lequel soul, pop, folk, gospel et R&B pétillaient comme des bulles de champagne. "Avant de sortir ce disque, je n’avais jamais chanté. À part sous ma douche", glisse-t-il en souriant derrière ses lunettes. "À l’époque, tout était nouveau pour moi. Le chant, l’écriture des morceaux, l’enregistrement. Je suis donc reparti sur les mêmes bases. En essayant de tout améliorer."

De retour au pays après une tournée triomphale, l’artiste se remet au travail, malgré la fatigue. Pourtant, à la nuit tombée, impossible de fermer l’œil. Frappé d’insomnies, il voit aussi sa peau se couvrir de vastes plaques rouges: le zona rayonne sur son corps. "Je suis un mec tranquille et détendu, mais j’encaisse le stress comme tout le monde. Sauf que, chez moi, ça ne se manifeste pas dans l’instant." Après quelques semaines d’hibernation, le garçon rassemble ses musiciens autour de dix nouvelles chansons: des hymnes à la coolitude joués sur un piano, des tubes enrubannés de cuivres, de cordes et de mélodies molletonnées. Sous la douceur, Matthew E. White aborde aussi des thèmes sensibles. Ainsi, sur Holy Moly, ce fils de missionnaires se frotte aux persécutions sexuelles dans l’Eglise. "Je connais le sujet. Ce n’est pas une attaque contre la religion, plutôt de la colère à l’égard des prêtres qui abusent de leur position." Plus loin, il chante Tranquility. Sa façon à lui de dire au revoir à l’acteur Philip Seymour Hoffman. "J’étais un fan absolu." La bonne parole du chanteur américain résonne aujourd’hui sur un deuxième coup d’éclat baptisé "Fresh Blood". "C’est un titre à double sens. Déjà, apporter du sang frais quand on sort un deuxième essai, c’est la moindre des choses. Et puis, ce disque est très personnel."

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