Marjorie Carpréaux (Castors de Braine): “Mais sur le terrain, je suis une guerrière”

A 27 ans, la capitaine des Castors de Braine est en finale de la Coupe d’Europe de basket.

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La qualification de votre équipe en finale du championnat d’Europe touche des gens qui ne savaient même pas que vous existiez…

Ce qui se passe maintenant, c’est ce que je recherchais depuis longtemps: promouvoir le basket féminin et essayer de faire ce que les Diables rouges ont réussi à faire, réunir le pays.

Grosse ambition…

Oui, malheureusement en Belgique, avec les fédérations flamande et wallonne, ce n’est pas vraiment possible.

Comment êtes-vous tombée dans le basket?

Honnêtement, je joue mieux au football qu’au basket, mais je suis tombée dans le basket grâce à mon papa qui connaissait Jean Trivier, ancien président de Quiévrain, un gars qui a changé ma vie. Il m’a accueillie dans son club de basket quand j’avais cinq ans. J’ai commencé à jouer dans les catégories supérieures parce que j’étais trop forte pour ma catégorie, et puis je voulais jouer avec les garçons…

Pourquoi vous vouliez jouer avec les garçons?

Pour avoir du contact, et pour les battre. Et je les battais tous, c’était chouette. Mais là, ça va, les filles avec qui je joue sont mes copines et on se marre. Mais on pratique un basket de haut niveau; ça joue comme des mecs. 

Vous jouez toujours au foot?

Non, je n’ai pas le temps. En vacances, dans le sable, je joue pas mal, mais bon…

Depuis toute petite, vous êtes une meneuse…

J’ai ça dans le sang. Exemple: si je vois quelqu’un dans la rue qui se fait frapper, je vais le défendre. Mais oui, je suis une vraie meneuse, celle qui veut aller vers la réussite et les trophées. 

On dit que vous êtes une grande gueule…

Je dis ce que je pense – sans filtrer parfois. Avec les années et les médias, j’ai compris qu’il fallait tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler. Mais je suis fière de ce que je suis.

A part vous, qui est le plus fier de vous? Votre père? Votre mère? Votre petit copain?

Pour être honnête, je n’ai pas de petit copain, j’ai une petite copine. Et comme je suis homosexuelle, on pense que je suis camionneuse, et que ma copine l’est par la même occasion. Alors que non! Je fais mes ongles, je m’épile, je prends soin de moi. Mais sur le terrain, je suis une guerrière. Sonian, ma copine qui est logopède, est une magnifique blonde en talons aiguilles! On est ensemble depuis trois ans, mes parents l’adorent, et au basket, tout le monde est au courant. Je ne vois pas pourquoi je me cacherais…

Avez-vous connu des problèmes dans le milieu du sport à cause de votre homosexualité?

Jamais. Sauf une fois, l’année dernière, l’assistant coach de l’équipe adverse – à mon avis, un type frustré – m’a traité de lesbienne.

Et vos parents ont facilement accepté votre orientation sexuelle…

Oui, mes parents d’accueil… Puisque j’ai perdu mon papa à ma naissance et ma maman m’a abandonnée quand j’avais cinq mois. Je me suis retrouvée en famille d’accueil, chez Anne-Marie et Anthony. Mes parents donc, les meilleures personnes au monde.  

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