Marc Wilmots: « Les Diables appartiennent au peuple »

Le sélectionneur des Diables se confie avant le double affrontement crucial contre la Serbie et l’Ecosse.

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Avec les Diables Rouges, vous avez hérité d'un fameux symbole: l'un des derniers éléments fédérateurs d'une Belgique qui s’effrite…
Marc Wilmots – Je ne crois pas que la Belgique s’effrite. Dans la classe politique, et dans la population, il y a peut-être 5 % de gens qui veulent qu’on se sépare. Les autres souhaitent qu’on reste ensemble. Cela me fait chaud au cœur de voir énormément de supporters venir au stade avec des drapeaux noir-jaune-rouge, alors qu’au Tour des Flandres, on ne voit que des lions noirs sur fond jaune. C'est d'ailleurs en guise de remerciement que je laisse beaucoup d’entraînements ouverts au public. L’équipe nationale appartient au peuple. Vous savez, je suis Wallon, mon épouse est Flamande, mes enfants vont à l’école en néerlandais et nous habitons sur la frontière linguistique. En outre, je parle couramment l’allemand, la troisième langue nationale. Plus patriote que moi, y a pas. Et mes joueurs le sont aussi. Sur les 25 de mon groupe, 20 évoluent à l’étranger. Avec succès. Ce sont de parfaits ambassadeurs. Comme le golfeur Nicolas Colsaerts l’a été à la Ryder Cup, et comme Justine Henin et Kim Clijsters l’ont été autrefois. Ces sportifs placent la Belgique sur la carte.

C’est pour eux aussi que le public vient au stade? Pour voir à l’œuvre des Vincent Kompany, Eden Hazard et autres qu’ils n’ont plus l’occasion d’admirer sur les pelouses belges?
M.W. – Peut-être, oui. Et parce qu’ils constatent que les joueurs se donnent à fond pour les couleurs nationales. Ces joueurs-là n’ont pas besoin des Diables Rouges pour arrondir leurs fins de mois. Lorsqu’ils reviennent, c’est pour défendre l’honneur du pays, pour essayer de participer à un grand tournoi. Dans les médias, on lit constamment que tel joueur a été transféré pour autant d’argent et qu'il va gagner autant. Je peux vous assurer que, si Kompany et Hazard terminent leur carrière sans avoir participé à une Coupe du monde, ils seront frustrés. J’ai eu la chance de participer à quatre Coupes du monde. Seuls quinze autres joueurs peuvent en dire autant. Les joueurs actuels, eux, sont en manque.

Que faire pour combler ce manque?
M.W. – Gommer les petites erreurs. Stabiliser la défense. Cela commence par la concentration et la rigueur. Offensivement, on est parés, même si je suis un perfectionniste et qu’il y a toujours moyen de faire mieux.

A propos de petites erreurs: contre la Croatie, la dernière fois, c’est peut-être notre meilleur ambassadeur, Kompany, qui la commet. Désespérant, non?
M.W. – Pas d’accord. Le but croate résulte d’une succession d’erreurs de notre part, et pas seulement d'une faute de Vincent.

D'accord, on dira qu'au moins, jusqu'ici, les Diables perdaient aussi en équipe… Sauf qu'on parle depuis longtemps déjà de "génération dorée". Trop longtemps?
M.W. – Si on continue d’échouer dans nos tentatives de qualification, ce ne sera pas une génération dorée, mais une génération perdue.

Un journaliste anglais a qualifié les Diables Rouges de "new Dutch", les "nouveaux Hollandais".
M.W. – Je préférerais être comparé aux Allemands. Nous sommes moins arrogants que les Néerlandais. Nous restons humbles, mais en gardant le souci du travail.

Avec l'un de nos plus grands talents, Eden Hazard, les relations semblent moins tendues qu’elles ne l’étaient avec Georges Leekens. Parce que, en tant qu’ancien joueur de haut niveau, vous le comprenez mieux?
M.W. – J’adore Eden. J’ai soufflé son nom à Dick Advocaat, qui ne le connaissait pas. Hazard n’a jamais que 21 ans, ne l’oublions pas, et est encore dans un processus d’évolution de jeune footballeur. Je sais ce dont il est capable. Il y a un respect mutuel entre nous. Cela ne signifie pas qu’un jour, il ne débutera pas sur le banc.

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Marc, n'y allons pas par quatre chemins… Nous avons quatre points sur six possibles. Vendredi, la victoire en Serbie sera obligatoire.
M.W. – Absolument pas. Qui a sorti cette théorie selon laquelle, pour se qualifier, il faut absolument remporter chaque match à domicile? On abordera chaque match avec l’objectif de le gagner. Je pourrais jouer avec trois médians défensifs, et boucher tous les angles. Dans ce cas, si l’on encaisse un but, on perd 1-0 sans avoir rien montré. Ce n’est pas mon style. Nous avons une équipe pour jouer offensivement.

Interview complète dans le Moustique du 10 octobre.

VENDREDI 12: SERBIE-BELGIQUE LA UNE 20H20
MARDI 16: BELGIQUE-ECOSSE CLUB RTL 20H20

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