Marc Wilmots dit tout

Il n’y a pas d’autre mot: la folie. Mais une belle folie. Les Diables Rouges ont suscité un engouement sans précédent, durable et contagieux. On le doit à une génération dorée. Mais aussi et surtout à un homme dont la capacité de fédérer est unique.

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En juin 2012, l’ancien meneur des Diables, époque Robert Waseige, hérite d’une ruine laissée par Georges Leekens et quelques-uns de ses prédécesseurs: une équipe qui, depuis 10 ans, erre d’échecs en désillusions. Pour certains journaux flamands, la désignation de "Willy" comme T1 des Diables en juin 2012 était d’ailleurs la garantie que le cauchemar se poursuivrait: "Il ne suffit pas d’avoir un short rouge et de crier 'hop hop' au bord du terrain pour être sélectionneur national." Dix-huit mois plus tard, après une énième victoire en Croatie synonyme de qualification pour la Coupe du monde 2014, les mêmes ont "bien dû admettre s’être trompés" .

Très, très lourdement trompés. En un peu plus d’un an, le jeune patron des Diables a fait de "son" équipe nationale un rêve éveillé. Un rêve partagé par des millions de Belges. Avec ce sentiment que tout est possible, dans sept mois et demi au Brésil. Muni de son sens inné du contact et du collectif, Marc Wilmots a tout transcendé: les joueurs, une Fédération de football moribonde, le comportement des supporters. Et le phénomène déborde largement du cadre sportif. Qu’il le veuille ou non, le sélectionneur national est devenu une icône belgo-belge. Comme son capitaine, Vincent Kompany. Les Diables façon Wilmots auraient même participé à l’émergence d’une nouvelle belgitude. Et, qui sait, on dit qu'ils pourraient avoir une influence sur le scrutin du 25 mai 2014…

Juste avant les deux matchs amicaux contre la Colombie et le Japon, qui se joueront bien sûr à guichets fermés, l’homme à la chemise blanche nous a reçu au siège de l’Union belge comme à son habitude: sans chichis, autour d’une tasse de café, et avec beaucoup, beaucoup de recul…

Comment se sent-on dans la peau de Dieu le Père ou du Sauveur?

Marc Wilmots – Ça y est, ça commence! Tu sais, quand j’ai repris les Diables, je savais comment ça allait se terminer: soit on se qualifiait et c’était la folie, soit on se loupait et c’était le drame. Entre les deux, y a rien. Mais moi, je ne veux être ni un héros, ni un gros nul. Donc, je ne fais pas d’euphorie. Et je n’en aurais pas fait un drame. Ce n’est que du foot. Un enfant gravement malade ou perdre son job, ça c’est un drame.

Cette folie est un peu too much à ton goût?

La suite dans le Moustique du 13 novembre 2013

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