Maggie De Block, sa révolution des soins de santé

Dossier médical électronique, ordonnances digitales, consultations virtuelles… Mais aussi robots médecins. Notre santé va-t-elle elle finir sur disque dur? Diagnostic exclusif avec le Dr Maggie De Block, et panorama des nombreuses avancées en la matière. Excitant, mais parfois un peu inquiétant...

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Elle coiffe tout le monde au poteau et arrive en tête du dernier baromètre des personnalités politiques les plus populaires du pays. Et ce, dans les trois régions! Une ascension fulgurante pour cet ancien médecin devenu député, que les francophones ont découverte lorsqu'elle a été nommée Secrétaire d'État à l'Asile et à l'Immigration, en 2011. Aujourd'hui, Maggie De Block fait l’unanimité. Et cale un abaisse-langue dans la bouche de ceux qui trouvaient obscène qu’un ministre de la Santé puisse souffrir d’obésité. Très peu présente dans les médias, la nouvelle mascotte de l’Open VLD est pourtant sur tous les fronts. Au point, selon elle, de ne plus voir passer ses journées ni ses weekends. Et cela ne risque pas de s’arranger. Entre deux dossiers brûlants, la ministre fédérale de la Santé nous dévoile d’ailleurs en exclusivité son nouveau grand chantier, celui du dossier médical électronique. Bienvenue dans le vrai 21e siècle…

Votre grand projet, c'est le dossier médical électronique. Ou plutôt, comme vous le nommez, le dossier patient électronique. Un fichier individuel mais accessible à tous les praticiens…

Maggie De Block – Oui,c'est notre premier grand champ de bataille. Chaque citoyen devra pouvoir en disposer d’ici 2019.

Quelles seront les informations reprises dans ce fichier?

M.D.B. – Les antécédents personnels et familiaux pertinents, les traitements médicamenteux, les allergies, les vaccinations et autres informations médicales utiles.

Avec quels avantages pour le patient?

M.D.B. – L’ensemble de ces données permettra une meilleure efficacité des traitements. Que le patient se trouve chez lui ou en vacances à la mer, ces infos peuvent être acquis via sa carte d’identité. On évitera ainsi les examens redondants ou les contre-indications, par exemple. Si votre ophtalmologue remarque que tel médicament a une mauvaise influence sur vos yeux, il pourra le notifier et partager ainsi cette info.  

Ce dossier ne comprendra donc pas, comme certains le craignent déjà, d'informations relatives aux préférences sexuelles ou aux confessions religieuses?

M.D.B. – Non, il ne mentionnera que les informations qui concernent votre santé. Mais si vous êtes témoin de Jéhovah, par exemple, et que vous refusez toute transfusion sanguine, cela devra être inscrit. C’est aussi une question de respect du patient.

Qui y aura accès?

M.D.B. – Uniquement les praticiens qui entretiennent un lien thérapeutique avec vous. Pas question donc que votre cardiologue ait accès à vos antécédents psychiatriques ni que votre dentiste soit au courant de votre récent burn out. Le secret médical et le respect de la vie privée seront bien évidemment garantis. Votre médecin du travail n’y aura pas non plus accès, de même que votre mutuelle ou votre compagnie d’assurance.

Quel contrôle le patient aura-t-il sur son dossier?

M.D.B. – Ce fichier sera seulement constitué avec son consentement éclairé et il restera sa propriété. Ensuite, c’est à lui de décider avec quels médecins ou pharmaciens ses données seront partagées. S’il déménage, par exemple, il pourra retirer son consentement et le donner à d’autres praticiens.

Combien de Belges ont jusqu’à présent donné leur consentement?

M.D.B. – Environ 700.000 et nous recevons 100.000 nouveaux consentements par mois. Il reste donc encore du pain sur la planche. Mais on table déjà sur 2.750.000 consentements pour la fin de l’année.

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