Mad Men, la chute finale

Alors que Mad Men touche à sa fin, Don Draper, sa figure de proue, touche le fond. Pour mieux se relever?

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Mad Men aura dévoré 15 années de son existence. Depuis l’écriture de l’épisode pilote en 2000, jusqu’à cette ultime saison 7 programmée par Be1. Face au plébiscite rencontré par cette série que tous s’accordent à considérer comme culte, on imagine son concepteur, Matthew Weiner, heureux. Il n’en est rien. Ces 92 chapitres qui composent le feuilleton, il les aura tous accouchés dans la douleur. Incapable de savourer son succès et de prendre le moindre recul. "J’aurais dû en profiter davantage, déclarait-il il y a tout juste un an, au moment du lancement américain de cette dernière salve. Mais pendant toute cette période, j’ai le sentiment d’avoir agonisé. J’étais constamment dans la crainte de ne pas pouvoir me renouveler en termes de créativité." Alors, forcément, le créateur multirécompensé appréhende ce point final qui sera diffusé outre-Atlantique dans une dizaine de jours. "Mad Men, ce n’est pas qu’un bout de ma vie. C’est ma vie. Je pense que je vais m’effondrer."

Cette angoisse, finalement, en évoque une autre. Celle de Don Draper (Jon Hamm). Le publicitaire héros de cette fresque qui nous a permis de redécouvrir les sixties, et dont la quête d’identité a rythmé les différentes intrigues. Une recherche de soi parfaitement résumée par le générique, où l’on voit une ombre chuter devant des réclames vantant la famille idéale, la femme parfaite et l’alcool. Soit les sujets qui ont fait du quotidien de Don un cauchemar. Un enfer, même, qu’il avait fini par atteindre précédemment, alors qu’il était mis en congé professionnellement, esseulé sentimentalement, et contraint d’avouer enfin ses origines à ses enfants (c’est un orphelin, rappelons-le). À terre, il ne peut désormais que se reconstruire. S’il en trouve le courage. Cette thématique, d’ailleurs, est abordée dès les premiers instants de cette septième fournée. Alors que l’un des protagonistes s’adresse directement à la caméra. "Êtes-vous prêt?, nous interroge-t-il. C’est le début d’une histoire. Avez-vous le temps d’améliorer votre vie?" Et tout est dit. Les enjeux sont posés. Ne reste plus qu’à savoir si ce chant du cygne offrira une quelconque rédemption à Don, alors que la fiction nous conduit tout doucement vers les années 70. Quant à cette conclusion tant redoutée, nul doute que Matthew Weiner lui aura apporté un soin tout particulier. "Elle sera aussi définitive que peut l’être la vie", élude-t-il. Nous voilà prévenus!

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