Ma part du gâteau: C’est toudi les p’tits qu’on spotche!

Cédric Klapisch livre une comédie sociale en demi-teinte. Avec une magnifique Karin Viard.

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Passé maître dans la chronique sociale de la bande à bobo (Le péril jeune, L'auberge espagnole, Paris), Cédric Klapisch revient en mode comédie. Mais sur un thème d'actualité sérieux et compliqué à traiter: l'inhumanité d'un monde gouverné par les traders. D'un côté, il y a France (Karin Viard), une mère de famille qui fait une tentative de suicide après avoir appris la fermeture de son usine de Dunkerque. De l'autre, il y a Steve (Gilles Lellouche), un jeune requin de la finance qui "fréquente des gens riches qui le rendent encore plus riche" et qui vient, pour empocher un paquet de pognon, de faire fermer cette même usine en trois clics. Bien sûr, ces deux-là vont se rencontrer.

Alors que le film commence très bien (on rit, on découvre de beaux personnages), Klapisch se perd malheureusement en chemin. Et plus son film avance, moins il semble savoir où emmener son histoire (doivent-ils tomber amoureux? Doit-elle se venger?). De rebondissements improbables en petites longueurs, on perd alors le fil. Dommage car Karin Viard est une fois de plus éblouissante. "C'est une chance, un personnage comme ça pour une actrice, commente-t-elle. Ça ne la dérange pas de nettoyer les chiottes de quelqu'un. Mais par contre, elle ne veut pas qu'on lui parle mal."

Le pire, c'est que Ma part du gâteau a d'autres qualités. Il ose les scènes bien cocasses (comme ce clin d'œil très appuyé à Pretty Woman). Il distille un humour à la fois percutant et absurde et offre quelques répliques bien senties (comme quand, devenue femme de ménage, elle marmonne "Mais comment j'aurais pu deviner le réveil de la Chine, moi?" ou "Si tous les gens qui perdent leur boulot se suicident, on va pas s'en sortir!"). C'est pour ça que Ma part du gâteau tient un peu du gâchis. Tout était en place pour une jolie petite comédie sociale. Mais Klapisch n'a pas su choisir. À l'arrivée, il reste un film plaisant mais au désagréable arrière-goût de travail pas vraiment fini.

Comédie dramatique
Réalisé par Cédric Klapisch. Avec Karin Viard, Gilles Lellouche – 109'.

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