Lykke Li – La vie après I Follow Rivers

Deux ans après son tube, la chanteuse suédoise revient avec le cœur brisé, un nouvel album super et des rêves de Hollywood.

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Avec sa voix de diva sixties et ses mélodies électro à fleur de peau, Lykke Li, belle brune au vrai faux air de Joconde, soulève l’enthousiasme de la presse spécialisée dès 2008 avec "Youth Novel", premier album qui recueille notamment trois étoiles dans nos pages musicales. Le deuxième ("Wounded Rhymes") va tout changer pour la Suédoise. Un single, surtout, détient la clef du succès. Remixé par The Magician, DJ et prestidigitateur belge menant le beat à la baguette, le morceau I Follow Rivers devient la rengaine universelle de l’été 2012: un hit, un vrai de vrai.

Comment revenir au sommet après un tube d’une telle amplitude? À cette question piège, Lykke Li propose non pas une, mais plusieurs réponses. Côté musique, la chanteuse publie "I Never Learn", nouveau disque de pop stylé largement inspiré par sa récente rupture sentimentale. Dernièrement, elle a également composé un titre pour l'album du réalisateur David Lynch. Passée par la mode, l’artiste s’invite aussi au cinéma. Actuellement à l’affiche d’un thriller scandinave, Lykke Li vient de se glisser entre Natalie Portman et Ryan Gosling le temps d’un mystérieux projet de Terrence Malick. Après trois albums, la chanteuse changera-t-elle de voie?

 

Le tube I Follow Rivers a été remixé par le Belge The Magician et repris en version acoustique par un autre groupe belge, Triggerfinger. Comment analysez-vous ce phénomène avec le recul?

LYKKE LI – Aujourd’hui, la plupart des titres repris sont des chansons nées dans les années 1960, 1970 ou 1980. C’est assez incroyable d’avoir réussi à proposer une alternative moderne avec un morceau composé au 21esiècle. Quand d’autres musiciens signent une cover d’un best-seller, ça signifie surtout une chose: il s’agit d’un bon morceau. C'est une bonne chose, mais pour être honnête, je ne passe pas mon temps à écouter les versions de mes chansons proposées par les autres. Ça ne m’intéresse pas.

 

Vous présentez votre nouvel album comme la dernière partie d’une trilogie. Qu’est-ce qui, selon vous, relie ces trois disques?

L.L. – Ils symbolisent une transition. Quand on a 20 ans, on sort d’une crise existentielle majeure. C’est une étape importe de la vie où on expérimente un tas de trucs pour la première fois. On est confronté à de nombreux choix, souvent délicats. On se sent paumé. Le premier album correspond à cette période où je me cherchais en tant que personne. Par la suite, on trouve sa place dans le monde. On explore les choses à sa façon. L’amour, notamment. Cette étape trouve son prolongement sur le deuxième disque. Sur mon dernier album, j’ai atteint une forme de maturité. J’ai vieilli. J’ai composé I Never Learn en pleine rupture sentimentale. Toutes mes fêlures émotionnelles se retrouvent ici. Désormais, je suis une adulte, consciente de la complexité du monde et des relations humaines.

 

A côté de la musique, vous bossez désormais dans la mode et le cinéma. C’est un projet de reconversion?

L.L. – Fin 2010, j’ai participé à la campagne de lancement d’une nouvelle ligne de jeans pour Levi’s. J’ai signé un deal avec l’agence de mannequins Viva Model, mais je n’ai jamais accepté la moindre proposition. Je n’ai pas envie de me faire un nom dans le monde de la mode. Par contre, je souhaite m’investir davantage dans le cinéma. J’ai obtenu mon premier rôle dans Tommy, le nouveau thriller du réalisateur suédois Tarik Saleh. Il est actuellement en salle en Scandinavie.

 

On vous prête aussi une énigmatique collaboration avec Terrence Malick, réalisateur mythique de La ligne rouge,The Tree Of Life. Qu’en est-il?

L.L. – C’est un projet tenu secret. J’ai tourné quelques scènes sous sa direction. Mais je ne sais pas si Terrence Malick va les conserver. Il est très mystérieux à ce sujet. Son film n’a pas encore de titre. L’intrigue semble directement liée à la musique. Christian Bale, Natalie Portman, Ryan Gosling, Rooney Mara, Cate Blanchett ou Michael Fassbender sont notamment annoncés au casting. D’autres musiciens sont également impliqués dans le projet, comme Arcade Fire, Patti Smith et Black Lips.

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