Lost River de Ryan Gosling. Qui a l’adresse de son dealer?

Outre le carton des frères Dardenne et un joli film choc à la Quinzaine (Whiplash), l'autre évènement de la journée à Cannes hier était la projection de Lost River, premier film de Ryan Gosling en tant que réalisateur.

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Et le moins que l'on puisse dire est que le "nice boy" d'Hollywood a divisé l'assistance. Car son film est estéhtiquement beau, envoutant, puissant. Mais j'aurais bien du mal à vous en raconter l'histoire. Bref, il y a du Nicolas Winding Refn dans ce Lost River (plutôt tendance Only God Forgives) mais aussi du David Lynch. Or, pas facile de brouiller les pistes, de raconter une histoire forte entre les lignes, de suggérer avec justesse quand on n'en est qu'à son premier film. Et c'est justement là que le bat blesse. Tentative de résumé de l'histoire: euh. Un petit gamin se ballade dans une ville fantôme près de Détroit. La crise des subprimes est passée par là. Maisons dévastées, abandonnées, en feu. Ce petit garçon a un frère adolescent (Bones) et aussi une maman qui peine à joindre les deux bouts. Et va donc voir un méchant banquier qui va lui proposer un boulot dans un cabaret d'horreur avec tortures et mutilations. Pendant ce temps, un autre garçon (installé sur un trône dans une Cadillac) fait régner la terreur sur le village (c'est à dire en gros 10 personnes à tout casser). Il faut tuer la crise, lui couper la tête. C'est en tout cas ce que semble dire Gosling. Qui s'est d'abord fait plaisir avec cette histoire hallucinée. Empruntée à ses cinéastes favoris. Maisons en feu, délabrements, lumières vives, eau, terre, voitures, herbes hautes, intérieurs claustrophobes, Lost River est donc une belle expérience visuelle. A défaut d'être un beau film…
 

 

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