« Lioness: Hidden Treasures », 12 chansons inédites d’Amy Winehouse

Un album posthume la replace là où elle sera pour toujours. Au rang de diva soul, romantique et victime.

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Etoile filante de la soul, révélation de la dernière décennie, Amy Winehouse s’est muée sous les yeux de la planète en pitoyable icône trash incapable de se relever du succès foudroyant de "Back To Black" en 2006. Depuis, personne n’osait espérer voir la chanteuse terminer un troisième album cent fois entamé, cent fois abandonné. Précédé par des concerts bâclés, catastrophiques ou purement annulés, le troisième album, tout le monde en était certain, ne pourrait jamais atteindre la bouleversante noirceur de "Back To Black".

De Queen à Michael Jackson, en passant par Jimi Hendrix (recordman du genre avec plus de 60 "nouveautés" depuis son décès en 1970), les disques posthumes ont rarement apporté de bonnes surprises. Gage de qualité et de respect, Salaam Remi et Mark Ronson, les complices de "Frank" et "Back To Black", ont supervisé cet ultime album après le décès de la chanteuse en juillet dernier. Un recueil dont le premier mérite est de ramener Amy Winehouse à son meilleur rôle, celui de chanteuse soul au romantisme noir.

"Lioness: Hidden Treasures", soit douze chansons inédites parmi lesquelles le duo poussif avec Tony Bennett déjà paru en octobre sur l'album du crooner. Construit autour d'extraits de sessions de "Frank" de 2004, de versions alternatives plus récentes et d’une reprise de The Girl From Ipanema (enregistrée à 18 ans), l’album est à l’image de l’imparable single Our Day Will Come: bon. Lors de notre rencontre à Berlin en 2007, Amy Winehouse nous avait confié son admiration pour Donny Hathaway qu’elle évoquait dans le texte de Rehab. "Je l’aime pour ses chansons d’amour, disait-elle. C’est un de mes chanteurs préférés." Et parmi les réussites de ce disque posthume, on trouve fort logiquement A Song For You, un classique de Leon Russell dont elle adorait la version de Hathaway.

Interprète magique, Amy Winehouse écrivait aussi des chansons d’une singulière impudeur. Bouleversant, "Back To Black" a suscité la comparaison avec Billie Holiday, chanteuse de jazz dont on perçoit la douleur d’une vie brisée à chaque intonation. Mais Amy était aussi en phase avec son époque. "J’ai appris à écrire des textes en écoutant du hip-hop. J’aime le style de rappeurs comme Nas. Il est époustouflant." Jay-Z et Pharoahe Monch avaient sorti des versions de Rehab, Nas boucle la boucle en faisant ici une apparition dans Like Smoke.

En ce début 2007, la jeune Anglaise s’était déjà distinguée par des frasques qui faisaient d'elle la cible préférée des paparazzi. "Je m’en tape, vraiment, disait-elle. Je sais que certains artistes traqués deviennent agressifs et frappent les photographes. Moi, je leur demande comment va leur maman. Et puis, si ça se trouve, dans quelques années j’aurai arrêté et je me consacrerai à élever mes enfants et à l’homme de ma vie."

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