L’hiver dernier

Cinéaste américain exilé en Belgique, John Shank compare son drame paysan à un "western contemporain dans l’Aveyron". Gonflé.

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S’il suffit de faire porter à un acteur silencieux (mais à deux expressions faciales, sans plus) un fusil sur l’épaule dans un paysage un peu mélancolique pour faire penser au Terrence Malick de Badlands, pas de souci, une génération spontanée de nouveaux auteurs géniaux pourrait voir le jour dans la seconde!

On l’a dit et répété maintes fois: quelques beaux plans ne suffisent pas pour faire un film. Encore faut-il pouvoir les assembler pour restituer quelque chose ressemblant à une histoire. Shank, qui a une notion évidente du cadre, fait totalement confiance à la force contemplative d’un œil de caméra posé sur un paysage rude ou un visage renfrogné… et se plante.

Parce que de l’autre côté, le spectateur compte les minutes, attendant impatiemment que quelque chose, n’importe quoi, se passe. Le monde paysan et son combat titanesque de tous les jours face à l’industrie capitaliste méritaient mieux que cette morne dérive poétique.

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L’hiver dernier
Réalisé par John Shank (2012). Avec Vincent Rottiers, Anaïs Demoustier, Florence Loiret-Caille – 103’.

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