L’excès de viande nuit en tout

Tout au long de sa vie, le Belge mange en moyenne 5 vaches, 7 moutons, 42 cochons, 891 poulets, 43 dindes et 24 lapins. Trop is te vlees?

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Après avoir secoué les Etats-Unis en 2009, le roman-enquête Faut-il tuer les animaux? de Jonathan Safran Foer se prépare à faire beaucoup de bruit chez nous. C’est qu’en s’attaquant à l’élevage industriel, dont les produits finissent dans nos assiettes, l’écrivain américain touche aussi à quelque chose d’intimement personnel: notre rapport à la nourriture. Celui qui nous a été inculqué dans notre jeunesse et qui dicte bien souvent notre comportement alimentaire tout au long de notre vie. Or, pour la plupart des Belges, la viande est sacrée. Lorsque sonne la fin des vacances à l’étranger, surtout lorsqu’elles ont été magnifiques, une de nos premières sources de consolation n’est-elle pas de nous envoyer un bon vieux « steak-frites »?

 Ce petit moment de paradis, lorsque la première bouchée de viande fond sous le palais, est pourtant l’aboutissement d’un enfer bien moderne. Avant d’en arriver là, cette bidoche était celle d’un animal, trop souvent élevé et engraissé dans un univers déshumanisé. Un monde où l’éleveur n’est plus que le technicien d’un centre de commande qui règle température, nourriture et médication de simples paquets de viande sur pattes. Bien sûr, la Belgique ce n’est pas les Etats-Unis et chez nous l’élevage industriel, qui concerne surtout la volaille en batterie, l’engraissage des porcs et des taureaux, n’a pas encore tout à fait remplacé l’élevage traditionnel « à la ferme ». « Vu toutes les prescriptions que nous devons respecter, l’écart entre l’élevage bio et l’élevage traditionnel est plutôt mince, se défend d’ailleurs Christian Son, producteur ardennais. Et je ne trouve pas le goût de ma viande moins bon que celui de la viande bio. »

 Malheureusement pour eux, ces agriculteurs traditionnels perdent du terrain face aux gros industriels. Ils doivent également faire face à une autre menace, en provenance d’institutions très respectables comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ou l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Leur constat est sans appel: l’humanité (et singulièrement l’Occident) doit diminuer sa consommation de viande, et mieux la choisir. C’est notre corps qui nous remerciera, mais aussi la santé de la planète et de milliards de contemporains à quatre pattes, en Belgique ou dans le monde…

1. Environnement: l’Amazonie n’aime pas les vaches

La production d’un kilo de viande de bœuf exige 15.500 litres d’eau.

Le livre de Jonathan Safran Foer ne fait, finalement, que répéter des arguments déjà maintes fois répétés, par exemple dans l’excellent documentaire autrichien We feed the worldLe marché de la faim, réalisé 2005. Résumons donc: l’élevage contribue à 18 % des émissions de gaz à effet de serre. C’est plus que tous les moyens de locomotion réunis!

[…]

Et en Belgique?
 Le principal problème de l’élevage industriel belge réside en ses rejets et leurs conséquences sur la qualité de nos eaux: pollution des nappes phréatiques, des eaux de surface et eutrophisation (apport excessif de substances nutritives comme l’azote) des cours d’eau qui favorise leur colonisation par les algues et diminue la biodiversité. Le surpâturage apporte aussi son lot d’inconvénients en empêchant les prairies de jouer à fond leur rôle de puits de carbone. Mais la nourriture servie aux bêtes qui ne voient plus la couleur d’un pré participe aussi à la pollution globale de notre planète puisqu’elle est notamment à base de soja, dont la culture participe à la déforestation.

[…]

2. Santé: quand la viande rouge flingue le colon

Les gros mangeurs de viande meurent plus vite que les autres.

 Notre organisme a besoin de protéines, c’est indéniable. Et la viande reste un des moyens les plus directs, et parfois les plus agréables, de lui fournir sa dose. Mais l’excès nuit en tout. La malbouffe et son cortège de maux – cancers, diabète, obésité… – ne désign

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