Lescop: Nouvelle nouvelle vague

Vous pensiez en avoir fini avec les eigthies? Eh ben non!

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"Ma démarche n’a rien de nostalgique. Je suis très bien dans mon époque. Je ne suis pas influencé par les années 80, par contre, j’ai les mêmes influences musicales que certains artistes qui ont émergé durant cette décennie", se défend d’emblée Mathieu Lescop, nouvel ovni branché de la pop française.

À trente-trois ans, le chanteur sort un premier album solo très attendu après le buzz suscité ces derniers mois sur YouTube par son single La forêt.

Avec ce morceau admirablement mis en valeur par un clip ténébreux, Lescop dévoilait son ADN et – déjà – sa marque de fabrique: une gestuelle habitée qui n’est pas sans rappeler le jeu de scène de Ian Curtis (Joy Division), une boîte à rythmes "indochinoise", des gimmicks Satori Pop et des ambiances nocturnes sorties d’un film de Jean-Pierre Melville.

"Comme Joy Division, Indochine (avec qui il vient de collaborer – NDLR), Daho ou Taxi Girl, j’essaie d’exprimer le côté sombre de l’existence humaine sur une musique qui fait danser. Même si j’attache beaucoup d’importance au propos, je n’ai pas envie d’ennuyer les gens avec une musique cérébrale. Je privilégie toujours la simplicité, la mélodie et le gimmick."

Mariant rimes cinématographiques ("Un coup feu dans la nuit, et soudain la forêt frémit"), sonorités new-wave et rythmes robotiques, l’album "Lescop" séduira pour les mêmes raisons qu’il pourra irriter.

Mais si le recyclage du son eighties est irréfutable, le point de vue est celui d’un artiste reflétant parfaitement les climats angoissants de notre époque.

Déjà catalogué comme l’"Indochine bobo version Inrocks", Mathieu Lescop signe sur ce disque des morceaux d’une efficacité redoutable (Tokyo la nuit, Los Angeles, La nuit américaine) qui mériteraient un accueil sans le moindre préjugé.

 

 

La Forêt

Tokyo, la nuit

Marlène

Le 8/11 au Botanique.

Lescop
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Universal

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