Les sorties cinéma du 29 janvier 2014

Un grand Pierre Richard dans un joli film "Les âmes de papier", un Lars Von Trier qui rate sa cible et livre un film malade ou encore un bon film d'action avec The Ryan Initiative. Une semaine cinéma qui n'atteint pas des sommets mais offre quelques jolis moments.

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Les âmes de papier [2*]

Comédie dramatique

Réalisé par Vincent Lannoo. Avec Stéphane Guillon, Julie Gayet, Pierre Richard, Jonathan Zaccaï – 90’.

Si ce film fait beaucoup parler de lui parce que son premier rôle féminin est occupé par une certaine Julie Gayet, il ne faut pas oublier que l’essentiel est ailleurs. Et que ce long métrage se distingue par d’autres atouts moins éphémères. Notamment par le fait qu'il s'agit ici d'une comédie à la fois légère et belge (ce qui est donc possible). Qu'elle touche souvent au cœur, et parfois même aux zygomatiques.

Paul (imparable Stéphane Guillon) est rédacteur d’oraisons funèbres. Un job solitaire et déprimant dont essaie de le distraire, sans trop de succès, son voisin Victor (Pierre Richard). Un jour, une jeune et jolie veuve (qui vous savez, dont la prestation est très rafraîchissante) demande à Paul de rédiger un texte pour présenter son mari disparu à leur fils. Au risque de faire surgir une idylle bienvenue, ou revenir les fantômes d'un passé un peu encombrant. Vénérable branche qui ne rompt ni ne plie, Pierre Richard illumine ce film grâce à des tranches d’émotions pures et à des moments plus burlesques. Bilan: Les âmes de papier possèdent un irrésistible charme.

The Ryan Initiative [2*]

Action

Réalisé par Kenneth Branagh. Avec Chris Pine, Kevin Costner, Keira Knightley – 105’.

Onze ans après sa quatrième mission, Jack Ryan (découvert au cinéma dans A la poursuite d’Octobre rouge en 1984) reprend du service pour enquêter sur des pratiques financières peu transparentes du côté de la place Rouge. Et découvre qu’on ne peut plus faire confiance à personne en ce bas monde. Pas même à sa garde hyper-rapprochée. Après Alec Baldwin, Harrison Ford et Ben Affeck, c’est donc Chris Pine (Star Trek into Darkness) qui endosse les attributs du héros imaginé par l’écrivain Tom Clancy (décédé l’automne dernier). Kenneth Branagh signe une réalisation convenue mais efficace (avec ce qu’il faut de tension, d’action et d’intrigue sentimentale). Et occupe parfaitement le four et le moulin puisqu’il incarne aussi le méchant de service devant la caméra. De son côté, Keira Knightley fait tapisserie et Pine s’en sort avec les honneurs. En fait, seul Kevin Costner fait un peu la tronche. Sans doute parce qu’il était pressenti pour le rôle principal mais n’a finalement obtenu que celui d’un second couteau. Au final, c’est donc du bon blockbuster, parfois même un rien plus profond que la moyenne. Les quatre premiers épisodes ont rapporté un total de 411 millions de dollars de bénéfices nets. Et ce cinquième volet devrait continuer à faire entrer les liasses dans les caisses. Bref, il ne faut pas encore sauver le soldat Ryan.

Much Ado About Nothing [2*]

Comédie dramatique

Réalisé par Joss Whedon. Avec Amy Acker, Alexis Denisof, Clark Gregg – 108’.

Ne jamais se fier aux apparences! Entré dans la cour des clinquants avec un blockbuster super-héroïque (Avengers), le réalisateur Joss Whedon a en réalité toujours voué une passion dévorante à Shakespeare. Et s’est donc fait plaisir en réalisant cette adaptation moderne de Beaucoup de bruit pour rien. On y suit à nouveau les turpitudes amoureuses de Don Pedro, Benedict et Claudio. Et notamment la véritable bagarre sur fond de passion dévorante entre Béatrice et Benedict. Et si Whedon a eu la bonne idée de faire redécouvrir cette pièce à la plus jeune génération, il a surtout eu le bon goût de ne rien changer au texte original. On regrettera juste d’avoir par moments l’impression de regarder un atelier théâtral entre potes tant certaines scènes sont un brin bâclées. Mais sinon, ça vaut le détour! – F.V.

Nymphomaniac – Volume II [1*]

Drame érotique

Réalisé par Lars von Trier. Avec Charlotte Gainsbourg, Stellan Skarsgård, Jamie Bell, Stacey Martin – 124’.

On avait quitté Charlotte Gainsbourg nymphomane compulsive (dans le volume I), on la retrouve ici sadomasochiste trash sous la cravache cinglante de Jamie Bell. Poussant jusqu’à l’extrême l’autodestruction de son personnage féminin, Lars von Trier délaisse sans vergogne la grâce pour le glauque, et boucle son film dans un final grimaçant. Nymphomaniac se regarde comme un grand film malade, sans doute le chef-d'œuvre raté de Lars von Trier. –

Zulu [1*]

Polar

Réalisé par Jérôme Salle. Avec Forest Whitaker, Orlando Bloom, Conrad Kemp – 110’.

Afrique du Sud. Deux policiers, un Noir et un Blanc, enquêtent sur le meurtre odieux d’une adolescente. Ça commence plutôt bien, Salle laissant filtrer dans son polar les tensions raciales d’un pays toujours sous le choc de l’apartheid. Mais l’intrigue fait feu de tout bois et l’intérêt se dilue, jusqu’à un final grand-guignolesque franchement ridicule. –

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