Les sorties cinéma 3 étoiles du 06 novembre 2013

Chaque semaine, Moustique chronique, interviewe et critique l'actualité cinéma du moment. Retrouvez nos "3 étoiles", les bandes-annonces et les chroniques chaque mercredi.

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Quai d'Orsay [3*]

En bande dessinée, Quai d'Orsay partait à toute vitesse et ne ralentissait jamais. Les deux tomes faisaient naître un sourire perpétuel et pourtant intelligent chez les lecteurs. Un véritable exploit si on veut bien se rappeler qu'il est question de visiter les cuisines du ministère français des Affaires étrangères et de survoler quelques citations d'Héraclite. Avant même la sortie du film et de l'édition qui rassemble les deux volumes (format légèrement raccourci, mais 14 planches d'une fin alternative en bonus), 300.000 acheteurs s'étaient procuré ces albums miraculeux.

En gros, le long métrage retrouve la trame et les personnages du premier volume. Ses qualités aussi. Et après un début déconcertant où le réalisme du cinéma se heurte à quelques gags très cartoon, on ne peut résister à ce savant tourbillon. A peine consentant, le jeune Arthur (Raphaël Personnaz) entre donc au Quai d'Orsay où le ministre Alexandre Taillard de Vorms (Thierry Lhermitte) lui confie le "langage". En cette fin 2002, ce n'est pas rien d'être chargé des discours officiels. Bientôt, il faudra dire à l'ONU que la France ne s'aligne pas sur les positions guerrières des Etats-Unis.

Cet astucieux emprunt au tome 2 donne une tension bienvenue au film. On sait où l'on va, même si c'est surtout la manière qui compte. Les discours toujours à réécrire, les luttes d'influence au sein du cabinet, les ficelles de son directeur (Niels Arestrup, inquiétant à force d'être caressant), les vacheries sexy de la belle spécialiste de l'Afrique, les appétits déplacés des uns, l'humour lourd des autres et puis les parasites…

Réalisé par Bertrand Tavernier. Avec Thierry Lhermitte, Niels Arestrup, Raphaël Personnaz, Julie Gayet, Anaïs Demoustier.

Inside Llewyn Davis [3*]

Inside Llewyn Davis raconte une semaine de la vie d’un jeune chanteur de folk dans l’univers musical de Greenwich Village en 1961. Loser magnifique, Llewyn Davis est à la croisée des chemins entre un petit succès passé et un avenir très incertain. Alors qu’un hiver rigoureux sévit sur New York, le jeune homme, sa guitare à la main et sa précarité en bandoulière, lutte pour gagner sa vie comme musicien. Et affronte des obstacles qui semblent insurmontables. A commencer par ceux qu’il se crée lui-même. Il ne survit que grâce à l’aide d’amis ou d’inconnus, en acceptant n’importe quel petit boulot. Des cafés du Village à un club désert de Chicago, ses mésaventures le conduisent jusqu’à une audition pour le géant de la musique Bud Grossman. Avant de retourner d’où il vient. Car on ne se refait jamais complètement… (la suite dans Moustique du 6 novembre 2013)

> INSIDE LLEWYN DAVIS, réalisé par Ethan et Joel Coen. Avec Oscar Isaac, Carey Mulligan, Justin Timberlake – 105’.

The best offer [3*]

Mais qui est cette jeune fille qui ne se montre jamais, et dont la maison semble receler de véritables trésors? Derrière quoi court cet amateur d’art retors, qui aime posséder des pièces rares? A quel jeu joue vraiment cet horloger qui assemble un automate avec des pièces récupérées par l’antiquaire dans la maison de la cliente fantomatique? The Best Offer nous joue en fait le jeu des intrigues parallèles qui finissent pas se regrouper en fin de parcours, à l’issue d’un scénario aussi prenant que diaboliquement efficace. Mais ce grand film ne se contente pas d’être passionnant. Au fond, il rajoute la forme. Geoffrey Rush est exceptionnel sous les traits de ce collectionneur solitaire et cynique. La photographie est magnifique. Chaque plan du film paraît avoir été réfléchi dans les moindres détails comme le serait un tableau. Et la musique signée Ennio Morricone rajoute encore un supplément d’âme à des scènes finement ciselées. Redoutable et élégant à la fois, The Best Offer vous permettra de vous faire une toile… de maître. – F.V.

Réalisé par Giuseppe Tornatore. Avec Geoffrey Rush, Jim Sturgess, Sylvia Hoeks – 124’.

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