Les seigneurs

Film de casting, Les seigneurs aligne Gad Elmaleh, José Garcia, Franck Dubosc, Omar Sy, Ramzy et un "petit" nouveau: Joey Starr. Nous l'avons rencontré.

510096

[…]

Cet été, vous étiez en tournée pour votre dernier album et en tournage à Bruxelles avec Gérard Depardieu. Vous n'en avez pas marre de travailler autant?
Joey Starr – Oh non! J'ai la chance d'avoir des métiers qui m'intéressent, contrairement à 90 pour cent de la planète. Je ne vais pas m'en plaindre. Gamin, j'ai décidé de faire de la musique et par chance, ça a marché pour moi. Et puis, il y a quelques années, par accident, je me suis mis à faire du cinéma. Et ça semble fonctionner aussi. Franchement, ne comptez pas sur moi pour me plaindre et pleurer parce que j'ai trop de boulot. Je peux être un gros con de temps en temps. Mais pas à ce point.

Vous êtes l'une des têtes d'affiche des Seigneurs. Il en faut du courage pour aller se frotter à tous ces humoristes français qui, contrairement à vous, connaissent parfaitement le rythme de la comédie et ses codes?
Ce n'est pas du courage. Avoir du courage, c'est se lever à 5 heures tous les jours pour aller à l'usine. Ça, c'est du courage. C'est l'héroïsme du silence, comme disait Antonin Artaud. C'est ça, avoir des couilles. En ce qui me concerne, je considère que je suis en apprentissage dans ce métier. Et me frotter à ces mecs-là est une très bonne école. Très bien payée de surcroît.

On vous sait fan du PSG. Mais dans le fond, pourquoi avez-vous accepté de faire ce film?
Justement pour cette raison. Pour me frotter à eux, à Gad, à Garcia, à Ramzy. Pour voir si j'avais le niveau… Mais aussi parce que je n'ai pas envie d'être cantonné dans un style. Je le suis en musique, je ne veux pas l'être au cinéma. Et si j'ai fait mes preuves dans les films de Maïwenn (Le bal des actrices et Polisse), il faut savoir que j'adore avant tout les comédies. Mais les bonnes comédies. Mon film culte est Les tontons flingueurs. Et mon acteur préféré reste encore aujourd'hui Lino Ventura. C'est sur ces traces-là que je veux marcher…

Entre l'acteur et le rappeur, vous vous y retrouvez?
Oui, totalement. Parce que le cinéma est la suite de ce que j'ai toujours fait: me montrer, me raconter, raconter des histoires. C'est ce que j'ai toujours fait avec NTM. C'est ce que je continue à faire encore aujourd'hui avec mes albums solo. Le truc est qu'il faut être un peu plus discipliné au cinéma. Et étonnamment, ça ne me pose pas trop de problème. Moi, sur une scène, rien ne m'arrête. Je suis chez moi. C'est mon jardin. Je sais comment ça fonctionne. Il ne peut rien m'arriver. Par contre, je n'ai pas la même confiance sur les plateaux de cinéma où je me sens bien plus en danger. C'est moins dans l'immédiat, plus dans la précision, dans la nuance, dans le travail, la réflexion. Et curieusement, ça me plaît et j'y prends un plaisir fou.

Franchement, en jouant dans votre premier film, Le bal des actrices, vous vous attendiez à cartonner autant au cinéma?
Non. Je n'avais même pas l'intention de faire un deuxième film à l'époque. Au début, pour Le bal des actrices, je devais écrire une musique et des paroles pour Charlotte Rampling. Et soudain, Maïwenn m'a annoncé qu'elle voulait que je joue dans son film. J'ai accepté et quelques mois plus tard, j'étais nominé aux Césars. J'ai dû appeler un pote pour savoir ce que c'était, les Césars. Moi, c'est pas ma culture, je ne savais même pas ce que c'était…

Finalement, la rencontre de vos deux mondes, ce serait que vous montiez maintenant sur les planches au théâtre…
Ça me chipote, c'est sûr. Mais pour le moment, ce n'est pas pour moi. La dernière fois que je suis allé au théâtre, je suis allé voir Race avec Yvan Attal. Je suis ressorti de là en boîtant. C'était dément. J'étais subjugué par la force du type. Et franchement, ça, c'est encore un peu trop haut pour moi.

Pourquoi? Parce que quand vous étiez gamin, vous avez entendu Grandmaster Flash et KRS One. Et pourtant, ça ne vous a pas empêché de prendre le micro?
Oui, mon gars, mais j'avais vingt ans. Aujourd'hui, j'en ai vingt-cinq de plus. Alors, on est un eu plus trouillard. Y a une petite voix qui te dit "fais gaffe, tu vas te planter". Ou "fais gaffe, t'es pas à la hauteur". Et puis, il faut pour le théâtre une hygiène de vie que je n'ai pas… Trop alcoolo pour ça aujourd'hui. Gamin, j'avais une urgence que je n'ai plus aujourd'hui… Même si, je te le répète, je nique toujours ta mère…

Interview complète dans le Moustique du 26 septembre.

Les seigneurs
Réalisé par Olivier Dahan (2012). Avec José Garcia, Gad Elmaleh, Ramzy, Omar Sy, Franck Dubosc et Joey Starr – 97'.

Sur le même sujet
Plus d'actualité