Les raisons de la colère

Un thriller impitoyable qui célèbre la classe moyenne américaine. Aussi intensément qu'une bonne chanson de Bruce Springsteen.

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Réalisé par Scott Cooper. Avec Christian Bale, Woody Harrelson, Casey Affleck – 116’.

Pressenti depuis longtemps pour le rôle principal, Leonardo DiCaprio a finalement décliné le job (mais est resté producteur du film). Et c’est finalement tant mieux pour son remplaçant de luxe, Christian Bale, qui offre ici l'un des meilleurs rôles de sa carrière. Bien épaulé par Casey Affleck, auteur d’une prestation solide, lui aussi. Les deux lascars campent un duo de frangins qui ont hérité deux choses de leurs parents: la misère et des perspectives d’avenir réduites au minimum syndical. A son retour d’Irak, Rodney (Affleck) est complètement paumé. De son côté, Russel (Bale) a la volonté de mener une vie bien droite. Il additionne les petits emplois, aime follement… Jusqu'au jour où, après avoir bu un verre de trop (un seul!), il provoque un accident. Direction la prison. Serait-il donc impossible d'échapper à sa condition? Alors que Rodney part complètement en vrille, la colère de Russel va exploser. Et tout balayer sur son passage.

Voilà donc l'histoire de gens abominablement normaux (que dépeignait aussi magnifiquement le récent The Place Beyond The Pines). "Les superhéros affublés d’étranges costumes sont à la mode. Pourtant, les vrais héros du moment sont les Américains de la classe ouvrière", explique le réalisateur Scott Cooper. Radiographie aiguisée sur laquelle planent les ombres du 11 septembre, du bourbier irakien et d’une économie en mort cérébrale, ce polar bien noir se déploie lentement. Histoire de faire monter la tension en neige et de ne plus lâcher le spectateur. Et ça marche… Car même si la dernière partie s'avère plus prévisible, on sort ému, retourné d'avoir vu des hommes bien se brûler les ailes. Beau! – F.V.

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