Les Pixies en mode indie

La cultissime formation américaine a fait parler la poudre à l'Ancienne Belgique.

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Déjà reformés (pour l'argent) en 2004, les vaillants Pixies reprennent leurs aventures  avec une tournée mondiale qui affiche complet un peu partout et la volonté cette fois d'enregistrer un nouvel album studio.

Plutôt habitué des festivals chez nous, ou de salles plus conséquentes (Forest et le Lotto Arena pour le 20e anniversaire de "Doolittle" en 2009), le groupe américain se produisait  pour la première fois de son histoire dans la mythique Ancienne Belgique ce mercredi soir. Face à la demande, un deuxième concert, lui aussi sold-out en deux coups de cuillère à pot, a été ajouté ce jeudi.

Et alors? Eh ben, on n'a pas eu le temps de s'ennuyer. Même si les vétérans indie sont  en début de tournée, on sent la machine déjà bien huilée mais toujours dans cet esprit débridé qui les a toujours caractérisé. Le leader Black Francis expliquait récemment que les Pixies avaient répété pas moins de quatre-vingt chansons pour ce périple mondial et ça s'entend.  Que ce soit sur les classiques Wave Of Mutilation, Where Is My Mind? (joués un peu trop tôt quand le son était encore patraque), Monkey Gone To Heaven, Here Comes You Man ou sur les nouvelles chansons (Andro Queen, Bagboy),  la formation fait preuve d'une belle homogénéité.  Débauchée chez le girl group punk The Pandoras en remplacement  de Kim Deal, la bassiste blonde Kim Shattuck apporte fraîcheur, déhanchements et énergie à une section rythmique dirigée de main(s) de maître  par le batteur David Lovering. On apprécie la générosité des Pixies version 2013, leur manière d'enchaîner les morceaux sans temps morts (ce n'était pas le cas en 2004 et en 2009) et cette démarche parfaitement équilibrée ("on assure comme des pros mais on reste des punks dans l'âme").   Mais bon, il y  a aussi le reste. Black Francis fait très bien son job mais s'amuse-t-il vraiment?  Les membres du groupe communiquent très peu avec le public et encore moins entre eux.   On peut ainsi compter sur le doigt d'une main le nombre de fois où les regards de Francis et du guitariste Joey Santiago se sont croisés. Enfin, il y a encore un truc qui nous chiffonne.   Pour une formation qui est citée comme référence par de nombreux jeunes artistes, on ne peut pas dire qu'elle réussit à drainer une nouvelle génération de fans à ses concerts.

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