Les phrases de la crise relues par Xavier Diskeuve

L'auteur des sketches de Votez pour moi, sur Bel RTL, commente ce que nos négociateurs ont dit (ou auraient pu dire).

142595

Ils le disent tout le temps

"Je suis très inquiète, je crains le pire."
Laurette Onkelinx, oiseau de mauvais augure.

Xavier Diskeuve: Elle a ce côté tracassé. Elle arrive à donner l'impression qu'elle incarne le souci de la Belgique: si on ne fait rien, la semaine prochaine, ce sera la fin du monde.

"Comme je le disais déjà…"
Didier Reynders, le prophète.

Et quand c'est pas cette phrase-là, il dit souvent ce qu'il faut savoir, ce qu'il faut comprendre et ce qu'il faut dire.

"On est à deux doigts d'un accord."
Tous les négociateurs, depuis 535 jours.

Combien de fois on n'a pas entendu: "Tout est sur la table", pour en terminer très vite avec "On y est presque"? Et au final, on n'a toujours rien.

Ils l'ont dit (une fois)

"Pourtant, nous voulions aller plus loin dans la transparence politique."
Jean-Michel Javaux, quand les Ecolos ont été exclus des négociations.

Lui, il parlait sans doute de l'éthique. Mais moi, je trouve que les Ecolos ont plutôt été transparents dans le sens où on ne les voyait plus.

"C'est un peu grâce à moi."
Joëlle Milquet, qui s'est attribué le mérite de la nomination d'Yves Leterme à l'OCDE.

Cela lui avait valu un joli buzz sur Twitter: "La pénicilline? C'est Joëlle!", "La révocation de l'Edit de Nantes? C'est Joëlle!", "Fukushima? C'est Joëlle!".

"Ce sont des irresponsables, on va tous le payer."
Benoît Lutgen, le Schtroumpf colérique.

Il est un peu soupe au lait. Ça lui donne une certaine fraîcheur. Il est encore un peu pur jus, moins lénifiant que d'autres. Peut-être que dans deux ans, il sera devenu aussi robotique que Charles Michel.

"Le formateur se bat comme un lion!"
Laurette Onkelinx, groupie numéro 1.

Ça m'a bien fait rire vu que le lion, c'est quand même le symbole des Flamands.

"Di Rupo est une drama queen."
Les journalistes de l'émission flamande Ter Zake.

Les Flamands l'ont baptisé comme ça après sa démission-surprise, mardi dernier. C'est vrai qu'il sait dramatiser. Il est passé d'une communication verbale à une communication symbolique. Ces messages visuels me donnent l'impression d'être calculés.

Ils auraient pu le dire

"Allô, Bart? Allô, Kris? Allô, Yves?"
Wouter Beke, l'indécis.

Il semble parfois pris entre trois feux. Heureusement, il a le lapin Noukie's offert par Di Rupo à sa fille pour se consoler.

"Je suis un pounk, un Belgium killer!"
Alexander De Croo, le caïd de sa classe.

Dans Votez pour moi, Kevin, heu… Alexander De Croo est un enfant rebelle dont tous les camarades sont jaloux: il est tout jeune et il est déjà arrivé à faire tant de dégâts!

"À un accord, arriver, nous devons!"
Elio Di Rupo, (quasi) parfait bilingue.

On a repris l'idée de Bert Kruismans qui avait dit que quand Di Rupo parle en flamand, on a l'impression qu'il parle en Lego. Il donne des blocs de phrases qu'il faut ensuite mettre soi-même dans le bon ordre. Dans l'émission, on l'a donc fait parler en français, mais en Lego aussi. Il n'y a pas de raison que les francophones soient favorisés dans leur compréhension de leur futur Premier ministre.

Sur le même sujet
Plus d'actualité